La première partie de cet article a été publiée dans le n° 44. Cette deuxième partie tire les conclusions de l’analyse déjà faite et nous aide à nous situer devant ce danger et à en relever le défi.
Ingénieur Civil des Mines, Docteur ès Sciences Physiques, travaillant dans un organisme de recherche depuis 1966, enseignant vacataire à l’Université depuis 1981, l’auteur est aussi Président de la Fédération des Églises Évangéliques Baptistes de France depuis 1997. C’est à titre personnel qu’il assume les propos du présent texte
L’irrationnel aujourd’hui : une réalité, un danger, un défi – 2-*
2. L’irrationnel aujourd’hui : un danger ?
Je ne développerai pas outre mesure ce paragraphe, car je pense que la Bible offre au chrétien la possibilité inestimable de ne pas vivre dans la crainte, d’appréhender la réalité positivement, en faisant face avec confiance, et même en retournant les situations. Ce sera l’objet du 3ème paragraphe : le défi.
En attendant, quels dangers pouvons-nous rapidement identifier ?
2.1. Danger pour la société
• D’abord, l’irrationnel est la porte ouverte à l’irresponsabilité. Trop d’irrationnel peut conduire à une remise en question fondamentale d’un système de valeurs fondé sur les aptitudes de chacun. Par exemple, l’irrationnel dans les processus de sélection conduit à faire de l’embauche une loterie, un jeu de hasard. D’où le danger de dévaloriser les individus par la mise en œuvre de critères aliénants où l’homme devient le jouet d’éléments complètement extérieurs. Cela peut amener à des attitudes de dépendance (cf. horoscope, biorythmes) ou de fatalisme (« c’était écrit »), conduisant à une démission de ses responsabilités.
À partir de là, on voit apparaître le risque d’évolutions préoccupantes des relations entre individus, avec l’émergence de phénomènes de masse : intégrismes religieux, phénomènes socio-économiques aberrants, racismes, et possibilité de prises de pouvoir (au propre et au figuré) et de manipulations des mentalités.
• Ensuite, en revenant sur la question des risques associés à nos activités, un irrationnel outrancier peut conduire à une application tout à fait bloquante du fameux « principe de précaution ». Il est vrai qu’il n’est pas simple, pour nos responsables politiques, de fonder l’application de ce principe sur des bases raisonnables, sur une analyse rationnelle des risques encourus, surtout quand on ne connaît pas vraiment ces risques, et quand on sait que si on se trompe en les sous-estimant, il y a à la clé le risque d’une mise en cause pénale devant des tribunaux. Peut-être pouvons-nous contribuer à faciliter la tâche de nos responsables en évitant de participer à des réactions de panique, mais où commence la panique – j’ai très posément mais notablement réduit ma consommation de viande de bœuf ?
• Puisqu’on vient d’évoquer en filigrane un problème de santé publique, je poursuis avec celui du tabagisme. On aurait pu parler de l’alcool, mais c’est un peu moins simple : d’une part des études épidémiologiques récentes semblent aller dans le sens d’un effet bénéfique du vin, à doses modérées bien sûr, sur le système circulatoire...
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