Tous les jours, les medias parlent des affaires judiciaires, procès et arrestations sont monnaie courante dans l’actualité. Combien de films, à la télévision, ont trait d’une manière ou d’une autre à la justice ou à son contraire, l’injustice !
En règle générale, il est question de la justice de rétribution. Cependant, depuis une vingtaine d’années, une autre forme de justice est apparue, qui ne se limite pas à l’ordre pénal, mais vise surtout la restauration de toutes les parties (personnes) concernées par un conflit, un crime ou un délit. Cette justice « restaurative » est liée à la guérison, la réconciliation, le pardon et la paix – notions qui nous amènent au cœur de l’Évangile !
Avec une telle approche, nous serons d’autant plus motivés à nous intéresser au vécu des prévenus et détenus, au sort des victimes, et aux problèmes particuliers des familles concernées. C’est tout un champ de mission qui pourrait bien s’ouvrir aux Églises.
Avant de décrire la justice restaurative((Au lieu de « restauratrice », nous retenons l’appellation restaurative, à l’instar du livre français de référence sur ce sujet : Robert Cario, Justice restaurative, principes et promesses, Paris, L’Harmattan, 2005.)) et ses applications, commençons par présenter la notion de justice dans la Bible, et sa différence d’avec ce que l’on entend par la justice dans la société actuelle.
I. LA JUSTICE, SELON LA BIBLE
La notion de justice est développée à maintes reprises dans la Bible : on y trouve des lois, des règles et des sanctions pour des atteintes à cette justice prônée par le Créateur. La justice demandée pour les hommes émane de la justice divine.
a) Justice des hommes
L’Ancien Testament introduit ce qu’il est convenu d’appeler la loi du talion (« œil pour œil, dent pour dent », Ex 21.24). Dans les sociétés anciennes, un fauteur était vengé de manière exponentielle. La loi du talion demande une rétribution seulement proportionnelle. Elle limite donc considérablement l’engrenage de la vengeance.
La justice demandée doit être impartiale, elle ne doit ni favoriser le pauvre, ni lui être hostile. « Ne suis pas la majorité pour faire le mal et, si tu es appelé à témoigner dans un procès, ne te conforme pas au grand nombre pour fausser le droit. Ne favorise pas un pauvre dans un procès […] Ne fausse pas le cours de la justice au dépens du pauvre dans un procès » (Ex 23.2-6).
Proverbes 31.8-9 affirme : « Ouvre ta bouche pour défendre ceux qui ne peuvent parler, pour défendre les droits de tous ceux qui sont délaissés. Oui, parle pour prononcer de justes verdicts. Défends les droits des malheureux et des pauvres ».
Les prophètes sont tous des champions de la justice sociale. Voici quelques exemples des oracles qu’ils ont transmis : « Vous changez le droit en absinthe, et vous jetez à terre la justice… Vous opprimez le juste, vous acceptez des pots-de-vin, et vous lésez le droit des pauvres...
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