La confiance : préalable à toute discipline

Ministère pastoral

Évoquer la discipline dans l’Église est toujours difficile ! N’est-ce pas en grande partie dû à une trop grande attention à son aspect « correctif », voire « punitif » ? Dans les pages qui suivent, Emmanuel Alvarez nous invite à aborder le sujet sous un autre angle. 

La discipline d’une Église se vit en fonction d’un comportement, d’une « mise en pratique » cohérente avec ce que l’on croit, mais gare au légalisme. L’apôtre Paul nous invite à réfléchir à notre comportement non seulement en fonction de notre liberté, mais aussi en fonction de la conscience de l’autre (1 Corinthiens 8). La discipline se situe donc dans un contexte relationnel.

Lorsque nous évoquons la discipline, nous pouvons discerner deux aspects : celui qui relève du «discipulat» : c’est à dire de l’exercice à « devenir disciple » du Christ et celui qui relève de la correction, voire, de la sanction en cas de faute. Mais ces deux aspects ne sont-ils pas liés en définitive ? Ce lien n’est-il pas le contexte relationnel selon lequel cette discipline corrective, ou d’intervention disciplinaire va s’exercer ? La discipline est-elle une affaire seulement de loi ou implique-t-elle une « pastorale » ? Sur quelle base de relation la discipline peut-elle s’exercer ?   



Depuis les premiers temps de la Réforme, le protestantisme parle de discipline ecclésiastique, mêlant autant dans son contenu l’organisation de l’Église que la sanctification du croyant. La recherche de la sainteté du croyant et de l’ensemble de la communauté obligeait les réformateurs à se positionner en matière d’autorité afin que dans l’église règne le « bon ordre » comme le disait Calvin. 

Toutefois, soucieux de ce que l’autorité ne se mute pas en autoritarisme, l’exercice collégial de cette discipline d’Église était requis pour autant qu’il soit possible, et ceci, en vue de chercher en toutes les manières possibles à « ramener le pécheur dans le droit chemin ». Jean Calvin ne souhaitait pas d’excommunication majeure, mais prônait une attitude plus mesurée de dialogue avec le fautif, principalement lorsque l’église catholique, à cette époque, ordonnait la défense d’avoir « conversation » avec les excommuniés

Nous discernons de ce fait que, dès le début de la Réforme, le double souci de ne pas faire entrer le péché...

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Les cahiers de l’École Pastorale

#86 - 4e trimestre 2012

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