Marcher avec Dieu : Hénoc

Texte de prédication
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Une des questions que tout pasteur se pose avant chaque prédication est celle-ci : quel sera le thème de mon message, dimanche prochain ?

La prédication qui suit a été apportée en début d’année scolaire. Quand une année débute, il est question de recommencement, de mise en place des activités, de plannings, de projets, aussi bien pour sa vie personnelle que familiale et ecclésiale/communautaire. C’est ainsi que tout naturellement, dans la prière, en pensant à ce dimanche qui précédait la rentrée scolaire, le thème de la marche avec Dieu m’est venu à l’esprit, et en y pensant, le personnage biblique d’Hénoc m’a paru incontournable.

Je n’avais jamais trop réfléchi à Hénoc, si ce n’est que je connaissais bien sûr certaines choses sur lui : il est connu pour avoir « marché avec Dieu », mais aussi comme un des rares personnages bibliques à n’avoir « jamais connu la mort », et il est bien sûr cité dans la « galerie des hommes et des femmes de foi de l’Ancien Testament » (comme je l’appelle) dans Hébreux 11. Voilà les quelques souvenirs que j’avais d’Hénoc. J’ai donc lu les textes où il apparaît (Genèse et Hébreux), puis j’ai découvert que l’on cite le « livre d’Hénoc » dans Jude, et aussi qu’il fait partie de la généalogie de Jésus dans Luc 3.

En lisant les différents commentaires bibliques à ma disposition, j’ai encore trouvé d’autres richesses !

Certes, il existe beaucoup d’autres ouvrages, mais je me suis contenté de ceux que je possède dans ma propre bibliothèque, sans avoir, faute de temps, la possibilité de consulter ceux des bibliothèques de faculté de théologie.

En réfléchissant au thème de cette prédication, un autre ouvrage m’est venu à l’esprit, Le Voyage du Pèlerin, de John Bunyan.
En étudiant les commentaires, une autre spécificité d’Hénoc m’est apparue : non seulement il a marché avec Dieu, mais encore il était agréable à Dieu.

J’avais ainsi mes trois points :

  1. Marcher avec Dieu (la vie chrétienne et l’année scolaire qui débute sont une marche),
  2. Être agréable à Dieu (et donc lui plaire), avoir la foi (car si on a la foi, on est agréable à Dieu, et si on est agréable à Dieu, on a la foi),
  3. Une vie remplie et exemplaire, sans connaître la mort.

J’ai traité ci-dessous les deux premiers points, et comment ils peuvent être appliqués à la vie quotidienne des chrétiens. Quant au troisième, le fait de n’avoir pas connu la mort, il m’est de plus en plus apparu, au fur et à mesure de mon étude, comme quelque chose de complexe et d’extrêmement riche. C’est ainsi que je me suis plongé dans les généalogies de la Genèse, pour voir où et comment le personnage d’Hénoc se situe. Et c’est de cette façon que les cinq sous-points du 3ème volet me sont apparus (cf. prédication ci-dessous).

Est-il toujours nécessaire d’avoir deux ou trois points (ou plus) bien identifiés ? Pas forcément, car il n’y a pas une façon unique (dans la forme) de prêcher, mais je pense néanmoins que des points bien clairs, dans une prédication, peuvent aider l’auditeur à mieux se les rappeler, et aussi lui donner des pistes plus claires pour appliquer ce qu’il a entendu à sa propre vie. Ce qui n’enlève en rien l’action du Saint-Esprit, qui est là pour inspirer le prédicateur, mais aussi celui qui écoute et qui désire obéir au Seigneur.

La question — pour un prédicateur de la Parole de Dieu — est bien sûr toujours celle qui habitait Karl Barth : « Comment prêcher à des gens, les chrétiens, qui ont dans une main la Bible et dans l’autre le journal ? » En d’autres termes : « Comment actualiser la Bible pour nos contemporains, qui, eux, sont baignés dans les actualités écrites dans le journal (ou la télévision, ou Internet, ou tout autre moyen de communication) et qui vivent dans le quotidien de leur existence une vie parfois très loin des préoccupations des pasteurs que nous sommes, baignés dans le milieu chrétien toute la semaine ou presque ? »

Je reconnais que dans cette prédication, il n’y a pas beaucoup d’illustrations, citées généralement pour appuyer un point particulier, pour étayer une thèse et la rendre plus vivante et actuelle. Mais j’ai quand même essayé de donner quelques pistes d’actualisation pour les chrétiens, dans leur vie concrète, et j’ai osé citer assez longuement un commentateur de l’épître aux Hébreux, Andew Murray, car je pensais vraiment que ce qu’il a écrit pouvait correspondre à mes interlocuteurs et leur parler également de manière personnelle.

Bien entendu, chaque prédicateur a ses spécificités, ses centres d’intérêt, ses façons de faire, et bien entendu, chaque auditeur a aussi les siens. Par conséquent, ce qui précède (dans le commentaire de l’élaboration de cette prédication), et ce qui suit (la prédication elle-même), ne sont que des exemples parmi d’autres, et n’ont pas de valeur normative. L’essentiel, pour une personne qui dispense et apporte la Parole de Dieu, c’est d’être ouverte au Saint-Esprit, d’étudier cette parole, et de bien s’y préparer.

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Article publié dans

Les cahiers de l’École Pastorale

#91 - 1er trimestre 2014

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