Prédication narrative – Éliha, l’amie de Job

Texte de prédication

L’une des plus grandes richesses de l’Église réside dans les relations intergénérationnelles. Mais c’est en même temps une difficulté importante. Quelle place laisser aux ados ou aux jeunes de nos Églises ? Comment œuvrer ensemble, en apprenant les uns des autres ? Cette prédication raconte l’histoire de Job, vue par les yeux de son jeune et sage ami Élihu (ou Éliha si raconté par une femme). Elle fait également réfléchir à la place de chacun, jeune et moins jeune, dans la communauté de l’Église. À la fois narrative et interactive, elle a pour but de captiver les jeunes du début à la fin et peut donc être lue lors d’un culte où les ados sont présents.

Shalom à tous, laissez-moi me présenter, je m’appelle Éliha. Je viens d’un magnifique village en Arabie. Vous savez où se trouve l’Arabie ? Au sud de la mer Morte. C’est une région superbe. Qui a déjà eu l’occasion d’y aller ? [attendre que quelques mains se lèvent] C’est beau, n’est-ce pas ? Comme la plupart de mes frères et sœurs, je suis gardienne de chameaux. C’est pas toujours passionnant, mais au moins on est au soleil, on profite de la nature et puis on passe des heures à discuter de tout et de rien avec les collègues.
J’ai grandi sans mon père. Quand j’avais sept ans, il gardait lui aussi les chameaux mais un jour il a été pris dans une tempête de sable dans le désert. On a bien essayé d’aller à sa recherche mais le vent était tellement fort qu’on a été obligé de faire demi-tour. Après cet événement ma mère a demandé à un homme, qui était un ami de mon père, s’il pouvait nous aider. Alors nous sommes allés passer quelques mois chez lui, dans la ville d’Outs, à 100 km au nord de chez nous. On a bien mis une semaine à dos de chameau pour faire le voyage !

Quand je suis arrivée chez lui, waouh ! Si vous aviez vu la taille de sa maison ! Une immense baraque entourée de centaines de troupeaux. Et même, sur la terrasse de la maison, hammam et jacuzzi. La classe !

Mais ce qui m’a le plus impressionnée, c’est que cet ami s’est lui-même occupé de nous avec un si grand soin ! Il a pris le temps de nous consoler, de nous rassurer. Moi, j’ai trouvé en lui un peu comme la figure d’un père… il m’a beaucoup aidée. Le dernier soir, avant de partir, je lui ai demandé pourquoi il nous aidait autant. Et je n’oublierai jamais sa réponse : il m’a dit que Dieu l’avait tellement béni qu’il ne pouvait que le partager avec les autres.

Et puis, on est rentrés chez nous et la vie a continué son cours. Ça, c’était il y a environ huit ans.

[PAUSE]

Il y a quelques semaines, j’étais en pleines révisions pour mes examens de gardiennage de chameaux, quand on a reçu une très mauvaise nouvelle : cet homme – j’ai oublié de vous dire qu’il s’appelait Job – avait perdu toute sa famille, ses richesses, ses serviteurs, ses troupeaux et il était même tombé malade. Tout en une seule journée.

Je suis tout de suite partie pour le rejoindre et pour voir comment il allait.

[PAUSE]

Quand je suis arrivée près de sa maison, qui ressemblait plutôt à des ruines, j’ai vu un groupe de quatre personnes assises dans la poussière. À première vue, j’ai pensé que c’était des gens du village et j’allais repartir pour chercher Job quand j’ai compris que Job était l’un de ces quatre hommes. Mais, ma parole, je ne l’aurais jamais reconnu ! Il avait tellement changé ! Il s’était rasé la tête, il avait déchiré ses vêtements, il était couvert de cendres. Pourtant j’aurais dû m’attendre à le trouver dans cet état, car ce sont les signes traditionnels de deuil dans notre peuple. Mais en plus, il était complètement défiguré et couvert d’ulcères, cela lui faisait des plaies partout sur le corps. Et puis, entre nous, ça sentait mauvais. Mais il en aurait fallu plus pour me convaincre de faire demi-tour.

Je suis donc allée m’asseoir avec eux. Les trois autres hommes étaient des amis de Job qui habitaient tous très loin. C’était chouette de voir qu’ils avaient fait tout ce trajet pour soutenir Job. Je ne sais pas vous, mais moi je serais très touchée de voir des amis venir d’aussi loin pour me réconforter.

[PAUSE]

Quand je suis arrivée, j’ai tout de suite eu envie de dire à Job ma tristesse pour lui, alors j’ai réfléchi à une phrase. « Job, je te présente toutes mes condoléances », non, c’est trop formel ! « Job, je suis désolée pour la perte que tu as subie », trop américain. « Job, je suis à tes côtés, comme tu as été à mes côtés lorsque mon père est mort… », non, ça ramène tout à moi ! « Job, quels que soient les sentiments qui habitent en toi, j’aimerais exprimer mes sincères condoléances et te témoigner mon plus fidèle soutien… », blablabla, c’est beaucoup trop long ça ! Je ne sais pas quoi dire moi, je suis trop jeune, c’est la première fois que je dois faire ce genre de choses. De toute manière, comment trouver les mots pour décrire...

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Article publié dans

Les cahiers de l’École Pastorale

#98 - 4e trimestre 2015

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