La communauté dont Jean-Daniel avait la charge pastorale comptait une cinquantaine de membres officiels, plus un nombre indéfini de personnes qui venaient au culte et participaient à certaines activités. La taille moyenne d’une Église évangélique française.
Après avoir été confronté à plusieurs situations de tension entre le conseil et le pasteur, et entre le conseil et d’autres responsables dans l’Église, Jean-Daniel s’est rendu compte qu’il fallait changer de cap et apprendre à travailler en équipe. Fidèle à ses habitudes, développées pendant sa formation théologique, il a commencé par lire des livres sur le leadership, sur la gouvernance de l’Église et sur le bien-fondé d’une direction collégiale, puis il en a fait des résumés pendant des réunions de responsables, mais cela n’a pas produit le changement espéré.
Il a réalisé que le problème n’était pas théologique ou même philosophique ; le problème était qu’il n’avait jamais vraiment développé un esprit d’équipe. En général, chacun assumait sa tâche avec toutes les bonnes intentions possibles, et selon ses capacités : le pasteur, le trésorier, le secrétaire, les responsables du groupe de jeunes, le groupe de louange… Chacun était à sa place. Ils se respectaient mutuellement, mais travaillaient-ils vraiment ensemble ? Dans le sens « un pour tous, tous pour un ».
Suivant la tendance des Églises aujourd’hui, le pasteur avait essayé d’insuffler une vision pour sa communauté, un bel ensemble de valeurs et d’objectifs, mais cela ne changeait pas davantage l’état d’esprit. Cette vision était le fruit de son imagination plutôt que de la réflexion et de la prière communes des frères et sœurs censés la réaliser
L’esprit d’équipe
Comment faire en sorte que les gens se sentent tous concernés par la vie de l’Église ? Cela passe d’abord par un travail en équipe au niveau de ses responsables. À commencer par le conseil.
L’esprit d’équipe, l’apôtre Paul l’exprime de façon claire et nette. Dans un célèbre passage de l’épitre aux Éphésiens, il affirme que chaque ministère (pasteur, enseignant, évangéliste ou autre) a pour but d’édifier le corps dans son ensemble et de former chaque membre en vue de son service rendu au Christ (Ép 4.11-13).
Comment développer une équipe efficace ? Et quels en seront les bénéfices ? Ces questions se posent, surtout dans les petites Églises, où l’on considère souvent le pasteur comme quelqu’un de passage, qui vient pour prêcher, pour évangéliser, pour conduire le culte et pour prier avec les gens en difficulté, mais pas pour gérer l’Église.
Je propose à votre réflexion, douze conseils pour développer une équipe efficace – en deux rubriques : bénéfices et démarches.
Bénéfices d’un travail en équipe
Avant de se mettre à développer un travail en équipe, il faut que le pasteur et les conseillers en comprennent la valeur immense. Il ne s’agit pas seulement de devenir plus efficace dans le travail, mais encore de refléter davantage les intentions du Seigneur pour son Église : fonctionner comme un « corps ». Cette image renvoie, non seulement à une diversité de fonctions mais aussi à une cohérence.
Voici sept bénéfices d’un travail en équipe :
1. Des conflits potentiels sont désamorcés
L’unité dans la direction (le leadership) fournit la base pour maintenir l’unité dans toute la communauté. Dans les Églises primitives, des rapports tendus, ethniques et culturels, ont menacé de briser en éclats l’harmonie existante. Or, les dirigeants de l’époque se sont efforcés de prendre une position unie, et c’est cela qui a empêché les Églises de se désagréger dans des factions et de se diviser (cf. Ac 15.5-21). Quand le pasteur et le conseil travaillent ensemble pour résoudre des problèmes et qu’ils développent un consensus sur des questions problématiques, cette attitude va se répandre dans la communauté. Par conséquent, nombre de conflits seront tués dans l’œuf. Cette attitude va rassurer les responsables, leur montrer qu’ils sont sur la bonne voie, et augmenter la confiance dans la communauté. Pour chercher l’unité il n’est pas nécessaire d’avoir le même avis sur tous les sujets, même pas sur les questions qui font débat. L’unité et le consensus émergent dans la mesure où le pasteur et le conseil se respectent et s’écoutent mutuellement, et que chacun se montre capable de passer outre ses propres idées, dans l’intérêt du plus grand nombre.
2. La base du leadership est élargie
Dans toute la Bible, le leadership était partagé par plusieurs, de sorte que la charge ne reposait pas sur les épaules d’une seule personne. Suivant le conseil de Jéthro, Moïse a cherché des hommes capables de l’assister dans la surveillance du peuple (Ex 18.13-27). Jésus a recruté douze apôtres pour surveiller l’édification de l’Église. Barnabas a recruté Paul afin de l’aider dans la direction de la nouvelle Église à Antioche (Ac 11.22-27). Servir dans l’Église, ce n’est pas une performance de superstars talentueuses mais un « sport d’équipe ». Quand les responsables savent partager les charges avec d’autres personnes et que les équipiers savent s’encourager les uns les autres, la base...
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