Entre islamophobie et islamofolie

Relation avec le monde

Interview avec le pasteur Saïd et résumé de sa « lettre ouverte »

Propos recueillis par Serge Carrel

Bien connu dans les milieux évangéliques pour ses spectacles et son humour, le pasteur Saïd Oujibou, est français d’origine marocaine, auteur des one man shows : Liberté, égalité, couscous et du Fils prodigue en version orientale.
Quelques mois après la tuerie de Charlie Hebdo à Paris en janvier 2015, Serge Carrel l’a interviewé sur l’islam et l’émergence de l’islamisme dans la société((Publié sur le site évangélique d’information lafree.ch, le 25 mars 2015. http://lafree.ch/item/3491-said-oujibou-trois-mois-apres-la-tuerie-de-charlie-hebdo)). Nous reprenons cette interview, ainsi que son résumé du livre de Saïd Oujibou : Lettre ouverte à propos de l’islamisme, l’islamophobie, l’islamofolie((Publié sur le même site, le 19 juin 2015. http://lafree.ch/pasteur-said-publie-une-lettre-ouverte-pour-reveiller-les-evangeliques-face-a-l-islam)).

Du respect pour les musulmans, mais le droit de critiquer l’islam

Dans son franc-parler de « rebeu » des banlieues, il opère une distinction, qui lui paraît centrale, entre islamophobie et « musulmanophobie ». Trop souvent, relève-t-il, certains acteurs médiatiques confondent ces deux discours. Il s’agit de respecter les personnes, mais de ne pas être « naïfs » par rapport à la vision du monde qu’elles véhiculent. Le pasteur Saïd plaide pour le respect des musulmans et pour un accueil des migrants qui soit digne de l’Évangile de Jésus-Christ. « Les musulmans ont le droit de vivre leur foi en Europe de manière digne et dans le respect, souligne-t-il avec force. Mais il faut que nos sociétés maintiennent la possibilité de débattre librement de l’islam. »

Une fois ces deux principes posés, le pasteur Saïd déplore la manière dont les médias français ont présenté les djihadistes à l’origine de la tuerie de Charlie Hebdo ou de l’Hyper Cacher. « Ce ne sont ni des victimes, ni des paumés, ni des malades mentaux ! lâche-t-il. Dire qu’ils ne sont pas responsables de leurs actes est aberrant. Il faut rattacher le phénomène du djihadisme au Coran, et à certaines sourates qui sont de véritables incitations au meurtre et à la violence. » Il est donc important aujourd’hui, pour ce pasteur qui rencontre beaucoup de responsables religieux musulmans et chrétiens, de poser des questions aux autorités de l’islam.

Pourquoi pas d’égalité religieuse ?

Première question à poser : pourquoi l’islam ne parvient-t-il pas à accepter le principe de l’égalité religieuse entre tous les humains ? « Parce que tant qu’il n’y a pas égalité religieuse entre musulmans et chrétiens, par exemple, il n’y a pas d’égalité civique », relève-t-il. Pour preuve, la situation des chrétiens dans des pays...

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Article publié dans

Les cahiers de l’École Pastorale

#18 - Janvier 2017

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