1852. La Bible de Victor Hugo
Dans son poème des Contemplations intitulé « Aux Feuillantines », Victor Hugo relate la découverte émerveillée de la Bible par trois enfants : « … Sur le haut d‘une armoire un livre inaccessible. /Nous grimpâmes un jour jusqu‘à ce livre noir ; /Je ne sais pas comment nous fîmes pour l‘avoir, /Mais je me souviens bien que c’était une Bible. /Ce vieux livre sentait une odeur d‘encensoir./Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir. /Des estampes, partout! Quel bonheur! Quel délire! /Nous l’ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux, /Et dès le premier mot il nous parut si doux, /Qu‘oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire./Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,/ Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain ; /Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes… »
Le 6 juillet 1852, réfugié à Bruxelles, Victor Hugo écrit à sa femme : « J’avais aussi des volumes très précieux, Ronsard, l’Histoire de Paris, ma Bible, etc… Je pense que tu as tout mis en sûreté. »
S’agit-il de la Bible de Lemaistre de Sacy, version catholique dite aussi « Bible de Port-Royal », dont on sait qu’elle était dans sa bibliothèque de Hauteville House, sa maison d’exil à Guernesey ? Ou bien s’agit-il de la Bible protestante de David Martin ? Cette dernière peut encore se voir aujourd’hui dans la bibliothèque de Hauteville House. Victor Hugo avouait préférer cette version à toute autre.