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Existe-t-il un chemin vers Dieu identique pour tous ?
Le récit que nous venons de lire est un témoignage. Avec franchise, authenticité, lucidité et sincérité, Corinne nous parle de son vécu, des différentes expériences qu’elle a faites. Elle nous décrit, tout d’abord, sa vie sans Dieu : une vie difficile, où quelques petits moments de bonheur cohabitent avec un grand sentiment d’échec et de désespoir. Tout ceci l’a conduite à la drogue et à la dépression. Mais elle témoigne aussi de l’irruption de l’amour de Dieu dans sa vie. Elle nous décrit sa rencontre avec le Christ et les bouleversements qu’un tel événement a provoqués. Elle parle de vie transformée, de goût à la vie retrouvé, de restauration, de transformation profonde de son être, de son caractère, de sa vision du monde, de sa façon de considérer la vie et les autres.
Chaque témoignage est particulier car chaque individu est unique. Tout le monde ne se reconnaîtra pas forcément dans le témoignage de Corinne car, Dieu merci, tous n’ont pas vécu les mêmes expériences qu’elle. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’aura aucun intérêt pour ceux qui sont étrangers aux expériences dont elle témoigne.
Un formidable message d’espérance
Cependant, beaucoup de personnes se reconnaîtront dans ce récit de vie. En effet, un grand nombre de nos contemporains sont blessés, déçus, désillusionnés par la vie ; ils se sentent mal dans leur peau, en manque d’espérance. Lassés par la vie, ils sombrent dans la dépression ou se réfugient dans l’alcool, la drogue, le sexe. Le témoignage de Corinne retentit alors comme un formidable message d’espoir : il nous montre qu’avec Dieu, rien n’est perdu. Dieu peut nous rejoindre au fond du gouffre dans lequel nous nous trouvons et nous en retirer. Il est la personne-ressource qui permet de vivre des expériences de résilience, comme dirait Boris Cyrulnik. Avec lui, on peut rebondir, on peut tout recommencer, repartir à zéro. En lisant le témoignage de Corinne, certaines personnes pourront reprendre courage et se dire : « Dieu peut faire pour moi ce qu’il a fait pour elle. Il faut que je lui fasse confiance. »
On trouve dans la Bible le témoignage d’un homme qui dit ainsi son expérience de la grâce de Dieu : « J’avais mis en l’Éternel mon espérance ; et il s’est incliné vers moi, il a écouté mes cris. Il m’a retiré de la fosse de destruction, du fond de la boue ; et il a dressé mes pieds sur le roc, il a affermi mes pas. Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, une louange à notre Dieu. Beaucoup l’ont vu, et ont eu de la crainte, et ils se sont confiés en l’Éternel. Heureux l’homme qui place en l’Éternel sa confiance, et qui ne se tourne pas vers les hautains et les menteurs ! » (Psaumes 40.1-5). Comme Corinne aujourd’hui, ce croyant d’autrefois décrit l’expérience du désarroi. Il le fait avec l’image de l’immersion dans la boue. Mais, au fond de son trou, il a appelé Dieu à l’aide et, dit-il, il a retenu son attention compatissante. Il a ainsi vécu une véritable délivrance. Dieu l’a arraché à son malheur, à sa dépression, et il a transformé ses cris de détresse en chants de louange.
Une promesse pour tous
Dieu ne s’impose pas ; mais avec tact, finesse, sensibilité, il s’approche de nous ; il nous demande de lui faire confiance, de mettre en lui notre espérance, de solliciter son aide, de l’appeler au secours. L’Évangile nous précise que, dans son amour pour nous, Dieu a pris l’initiative : Il s’est fait homme en Jésus-Christ, il s’est solidarisé avec nous de la manière la plus étroite qui soit. Il nous a montré un chemin de vie possible, il est mort pour nos péchés et il est ressuscité pour que nous ayons le pardon et « la vie en abondance » (Jean 10.10). Le Seigneur attend de notre part l’humilité, la confiance ou, pour utiliser un terme qu’affectionne la Bible : la foi. La foi, c’est cet acte d’abandon existentiel à Dieu. La foi, c’est le fait d’accueillir les promesses de Dieu, d’y croire, de se les approprier et d’entrer dans une relation nouvelle avec Dieu. L’Évangile nous promet que, si nous remettons ainsi notre vie entre ses mains, alors il nous éclairera de sa lumière, il donnera un sens à notre vie et la transformera en profondeur.
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Faut-il être dans une situation désespérée pour vivre le secours de Dieu et son salut ?
Non, certainement pas. D’autres personnes ont eu des cheminements différents dans leur vie. Leur témoignage ne ressemblera donc pas à celui de Corinne. Certaines conversions sont brutales, dramatiques ; elles surviennent après des parcours plutôt chaotiques. Les personnes découvrent alors Dieu comme le Père aimant qui remet de l’ordre dans la vie, qui répare ce qui a été cassé. D’autres conversions sont plus « soft », elles sont plutôt des aboutissements ou des épanouissements d’une éducation chrétienne bien digérée. Elles ne sont pas pour autant moins authentiques ou dénuées de valeur.
La reconnaissance peut aussi être un chemin vers Dieu
Il ne faudrait pas penser non plus que les personnes qui ne sont pas malheureuses, déçues, frustrées ou désespérées n’ont pas besoin de Dieu, ou qu’elles doivent nécessairement être hermétiques au message de l’Évangile. Au contraire, l’apôtre Paul a fait remarquer que la bonté de Dieu devrait nous pousser à la repentance (Romains 2.14). Il voulait dire par là, que l’on peut aussi vivre l’expérience de la grâce comme un sentiment de profonde reconnaissance envers Dieu pour la vie et le bonheur qu’il nous donne, alors que nous avons bien conscience que nous ne les méritons pas, à cause de nos péchés. Cette gratitude pour la vie reçue, accompagnée de ses multiples petits bonheurs, devrait nous conduire à Dieu. La joie et le bonheur sont aussi des chemins possibles vers Dieu.
D’ailleurs, même dans les moments d’intense bonheur, on peut ressentir un sentiment d’incomplétude ; le bonheur humain, terrestre, laisse parfois un sentiment d’inachevé. D’autant plus qu’il est fragile (un rien peut le briser), et que l’on sait que la mort y mettra inéluctablement un terme. On aspire alors à un bonheur éternel, au-delà de la mort elle-même.
Par ailleurs, il ne faut pas confondre plaisir et bonheur. Certains plaisirs contribuent, certes, au bonheur, mais les deux notions ne sont pas équivalentes. Certains peuvent rechercher le plaisir comme une drogue ; ils ne sont alors jamais satisfaits et courent de plaisir en plaisir, mais ressentent une profonde insatisfaction. Ils ont en eux un vide qu’ils cherchent à combler de différentes manières.
La réussite n’est pas suffisante
C’est pourquoi certaines personnes devenues chrétiennes, après un parcours plutôt désordonné, ont découvert a posteriori que...