I. Mutualiser
La réutilisation et la mutualisation sont une préoccupation importante dans l’entreprise. Il s’agit de faire en sorte qu’un travail soit utilisé plusieurs fois, dans plusieurs contextes proches. L’intérêt est évident : une telle pratique permet de faire des économies en faisant en sorte qu’un seul travail serve plusieurs fois.
La mutualisation des ressources peut-elle intéresser l’Église ? En effet, celle-ci n’a pas pour moteur la rentabilité et l’optimisation des moyens. Mais la notion d’efficacité y est présente, comme elle l’est dans le ministère de Jésus et dans celui des apôtres.
Jésus montre une conscience forte de sa mission et sa volonté de s’y concentrer et de ne pas se disperser (cf. Mt 15.21-28) et ce, même s’il s’est laissé régulièrement interrompre par les sollicitations (comme avec la femme atteinte de perte de sang : Mt 9.20ss). Jésus a pleinement conscience de ses limites face à l’étendue de la moisson (cf. Mt 9.35-38), et c’est dans ce contexte qu’il y associe ses disciples en les envoyant en mission.
Il est évident que l’apôtre Paul avait lui aussi une démarche réfléchie. On le voit choisir des collaborateurs, les emmener avec lui pour les former, les laisser dans une ville pour pouvoir poursuivre l’œuvre dans une autre. Et ses lettres témoignent de la conscience qu’il a de sa mission et de la volonté de la remplir efficacement, même s’il reste à l’écoute de Dieu, prêt à être interpellé.
Confronté lui aussi à de multiples besoins, le pasteur doit réfléchir au moyen d’alléger sa tâche((André Pownall attirait l’attention sur cette nécessité dans un article publié dans cette rubrique : « Animer un « club pred » » in Les Cahiers de l’École pastorale, 3ème trimestre 2021, n°121, p.82)) afin de rester à l’écoute et de cultiver la disponibilité. Il doit donc se poser la question de l’efficacité. La mutualisation des moyens entre Églises est un moyen d’y parvenir.
Présenté ainsi, cela semble aller de soi. Pourtant, qu’elle soit aussi peu pratiquée prouve qu’il y a des freins. On connaît bien l’adage : « Seul on va vite, mais ensemble on va loin ». Mettre en place une démarche de mutualisation prend du temps. C’est un investissement dans l’espérance d’un bénéfice ultérieur.
Nous indiquions au début de cet article que c’était une démarche répandue dans les entreprises. Celles qui s’engagent dans la voie de la mutualisation s’en donnent les moyens. Dans l’entreprise de développement de logiciel où l’un des auteurs a travaillé, les collaborateurs étaient invités à passer plus de temps sur les modules qui pourraient être utilisés par d’autres. Il s’agissait de généraliser un élément...
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