Témoignages d’artistes
L’association Majestart est un collectif d’artistes engagés qui explorent des problématiques sociétales liant la foi chrétienne et les arts visuels au travers de projets culturels.

Révéler la beauté du quotidien
J’ai longtemps pensé qu’en tant qu’artiste chrétienne, je devais faire de l’art biblique. Pourtant, plus j’avance dans ma pratique, plus je me rends compte qu’être artiste chrétien, c’est comme être un boulanger chrétien : cela se voit surtout dans les fruits que l’on produit.
Mon rôle est d’apporter un regard neuf sur les réalités qui nous entourent. C’est dans cette perspective que s’inscrit ma démarche actuelle.
Je n’attends pas forcément un sujet extraordinaire pour créer. Au contraire, j’essaie de trouver la beauté dans les choses simples, dans ce que l’on utilise tous les jours et que l’on ne remarque même plus.
C’est dans cette attitude de reconnaissance et de contentement que je me rappelle que Dieu est présent. Ainsi, j’invite le spectateur à s’arrêter et à prendre conscience des bénédictions qui nous entourent.
Esther Kerschen
Artiste peintre
@atelier.esther.kerschen

Ressusciter la joie
La création artistique et la foi sont intimement liées dans ma vie. J’ai toujours aimé dessiner, mais l’idée d’en faire un métier m’a été déconseillée… Du paysagisme à la cuisine, j’y suis malgré tout arrivée !
À travers de l’art-thérapie et encouragée par une amie, Dieu a restauré mon identité créatrice. Ma dimension créative a été « ressuscitée ». En 2023, j’ai repris la peinture de façon plus régulière et depuis, je réalise des tableaux joyeux, colorés, parfois inspirés des nuances que prend le ciel au coucher du soleil. Elles sont pour moi le reflet de ce cadeau créatif que Dieu me fait chaque jour.
J’ai à cœur que ma production artistique apporte notamment l’espérance de l’Évangile dans ce monde qui n’en a plus, mais aussi la paix et la joie… le parfum de l’amour de Dieu, en somme !
Tatiana Ratsimbazafy
Artiste peintre et art-thérapeute
@zeraetchayah

Illustrer l’espérance
Quand on regarde mes dernières créations, on ne voit pas Jésus – on le ressent. Et pourtant, quel chemin parcouru !
Il y a trois ans, à la suite d’une lecture biblique sur les dons, mon mari m’a lancé : « Viens, on fait notre liste ! » Dessin et danse pour moi, rap pour lui…
Un an et demi plus tard, alors que je me lance à 100 % dans l’illustration, on apprend que notre bébé, sauf miracle, ne pourra pas vivre après sa naissance. L’art m’aide à exprimer ma souffrance, mon espérance, et rejoint de nombreux « paranges ». Je découvre cet énorme tabou, ce désespoir du deuil périnatal.
L’été 2025, un autre texte m’interpelle et m’invite à rejoindre celles et ceux qui ont le cœur brisé et les personnes en deuil dont la société ne s’occupe pas.
Mes projets et partages Instagram prennent de l’ampleur : un roman graphique, un spectacle musical en couple. Bien que ma foi ne soit pas aussi affichée qu’avant, elle inspire tout ce que je crée. L’art m’aide à semer l’espérance, et à aimer.
Salomé Balékombole
Artiste et autrice
@salome_illustre_lesperance

Un tag qui change tout
Après un Master en Arts Visuels à la Haute École d’Art et de Design (HEAD) de Genève, je m’installe à Paris et prends un atelier partagé à Montreuil.
En quête de sens
Je consacre ma « vraie » vie à mon poste dans un institut de valorisation de la recherche en économie au centre de la capitale. Une vie double qui me va quelques années jusqu’à ce qu’elle m’ennuie par son manque de sens.
L’atelier devient alors de plus en plus important pour moi. À 33 ans, je quitte mon emploi et me donne un an pour vivre de ma pratique artistique. Dans ce nouveau quotidien solitaire, je travaille sur moi. Je prête attention à me préserver et à rester concentrée sur ce travail intérieur. Je ne sais pas encore que je creuse un vase, voire un puits en moi.
Une place pour Dieu
Lorsque le tag « Jésus sauve » m’interpelle dans le métro aérien, je googlise illico. Je ne me souviens que d’une chose parmi les réponses Google : « Déposez vos fardeaux à la Croix avant de vous endormir, et il s’en chargera ». Je joue ainsi le jeu. Tous les soirs, je les lui donne vraiment. Les jours passants, les réparations, les réponses à mes questions, des clins d’œil précis arrivent. Je me sens de plus en plus « déposée » dans une présence, dans un silence préexistant. J’entame une relation intime avec cet « Esprit qui avait une personnalité ». C’est la relation la plus palpable que j’ai jamais vécue.
Créer depuis l’intérieur
Il m’amène à découvrir que j’ai des perles inexploitées en moi, des talents prêts à être au service d’un projet qu’il a mis dans mes entrailles. Comme une disquette dont je dois appliquer le programme. Chaque jour à l’atelier, je suis avec lui, me permettant de plus en plus d’aller vers l’intérieur de mon jardin, des formes et des postures théâtrales que je ne me serais jamais permise aux Beaux-arts. Il me pousse à aller chercher dans mes aspirations enfantines, dans mes envies profondes, ce qui pourrait bien me faire vibrer. Et parce que je le suis, parce que j’ose, ce que j’y trouve dépasse toutes mes attentes. Il m’ouvre à moi-même en m’ouvrant à lui.
Mais c’est à lui que revient toute la gloire. « Art ou pas art, je te suivrai n’importe où », lui ai-je dit à genoux. Cette présence d’amour de Jésus est vivante à mes côtés tous les jours et m’importe bien plus qu’une carrière dans l’art.
Charlotte Khouri
Plasticienne
@charlottekhouriii
