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Petit-fils et neveu de pasteurs, j’ai grandi depuis ma plus tendre enfance dans le milieu évangélique. Je suis allé à l’école du dimanche d’une Église réformée et au club du jeudi de l’Armée du Salut ; j’ai fait partie d’une troupe de louveteaux ; j’ai participé à plusieurs colonies, camps et rencontres de jeunesse ; j’ai assisté à d’innombrables cultes et j’ai donc entendu quantité de leçons bibliques, exhortations et prédications. Pourtant, il m’a manqué quelque chose d’essentiel, une vision globale de l’histoire du salut et une connaissance des doctrines scripturaires. Certes, je connaissais l’histoire de David et Goliath, la plupart des miracles de Jésus ou encore les recommandations apostoliques en matière de mariage et de sexualité, mais j’étais loin de comprendre la cohérence des textes bibliques et encore moins la Trinité ou le mystère lumineux de la croix. Il m’a fallu aller à l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs (devenu HET-PRO en Suisse) pour découvrir la beauté du plan de Dieu et me convaincre qu’il fallait revoir l’équilibre de la nourriture spirituelle proposée dans nos Églises.
Bien que la question dépasse de loin l’enseignement lors du culte dominical, je limiterai mon propos à la prédication. Trop souvent indigente dans nos Églises, elle bénéficie d’un regain d’intérêt dans la jeune génération avec la publication d’ouvrages stimulants[1] et grâce à l’impulsion de mouvements comme Évangile 21. Le maître mot, c’est la prédication textuelle, une prédication qui s’attache à coller au passage biblique lu et à en tirer toute la substance. Les fruits sont indéniables : il n’y a pas meilleure manière de faire briller l’Écriture et d’encourager à s’attacher au Seigneur qui l’a inspirée. Pourtant, comme toute méthode, sa systématisation comporte quelques dangers : perdre de vue la grande histoire du salut, négliger l’unité biblique et la nécessité d’interpréter l’Écriture par l’Écriture et faire fi du trésor qu’est la théologie systématique. Je ne m’inquiète ici pas tant pour la « science » des pasteurs (si du moins ils sont théologiquement formés) que pour leur communication : s’attachent-ils vraiment à enseigner « tout le conseil de Dieu » et pas seulement quelques textes bibliques, riches certes, mais insuffisants pour affermir la foi ?
Ayant enseigné la catéchèse des adultes à l’Institut biblique de Nogent, je plaide l’importance d’une certaine dose de prédications thématiques dans l’Église locale, mais pas n’importe lesquelles : des prédications dogmatiques. Je suggère, sur la base d’une grille élaborée par le professeur Henri Blocher (voir en fin d’article), de prévoir une prédication de ce type par mois en dehors des vacances d’été, soit une dizaine par an. Cela permet en six ans de couvrir, certes brièvement, la totalité de la doctrine et de brosser ainsi un tableau général des grandes vérités bibliques et théologiques. Et si l’exercice est bien fait, de donner du goût pour une compréhension globale du contenu de la foi chrétienne.
Voici deux conseils pour mettre en œuvre cette pratique de la prédication dogmatique :
Visez la solidité, pas l’originalité
L’important dans votre préparation, c’est de viser la solidité et non pas l’originalité. Les...
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