Je n’ai pas souffert pour rien
Quand la souffrance se transforme en volonté d’aider ceux qui passent par le même chemin...
Né cinquième d’une famille de six enfants, j’ai été placé à la DDASS dès l’âge de cinq ans. J’ai été recueilli par une famille avec tous mes frères et sœurs. Notre éducation a été extrêmement dure. Notre famille d’accueil s’affichait comme croyante, mais cela n’a pas empêché des conflits entre les enfants naturels et les enfants adoptés. Dans ce contexte, il nous était difficile de comprendre la foi chrétienne qu’on cherchait à nous inculquer. Les tensions entre les deux familles étaient trop importantes. Tout cela a engendré un manque cruel de confiance en moi.
À 19 ans: grave conflit avec ma famille d’accueil. Je m’enfuis de chez moi. Me sentant enfin libre de mes mouvements mais sans ressources, je pars dans les bêtises (vol, alcool, drogue…). En 1996, je suis arrêté par la police pour vol avec falsification de papiers administratifs. Me voilà incarcéré pendant six mois. C’est en prison que je réalise que la vie que je mène ne m’apporte rien de bon. Au fond de ma cellule, je repense à ce que j’ai appris sur la foi chrétienne dans mon enfance.
Virage
Une fois sorti de prison, la première chose que je fais, c’est de chercher à contacter un foyer chrétien sur Bordeaux. Son directeur est un ami de mes parents adoptifs. Bien que je sois en froid avec eux, il m’accueille les bras grand ouverts. Cet homme enseigne non seulement la Bible, mais il permet aussi aux jeunes de se réinsérer dans la société par le travail. La réadaptation par la vie en communauté est aussi la devise de ce foyer.
C’est là que j’apprends réellement à connaître Dieu, à comprendre qui il est. Lors de la visite d’un missionnaire, ma vie change complètement. À partir de ce moment-là, je me confie réellement en Dieu, car je lui remets ma vie entière.
Quelques mois après ma conversion, Dieu a permis que je rencontre ma future femme. Mariés en 1999, nous avons eu un enfant en 2001. Depuis ma vie est comblée. J’ai le sentiment que Dieu dirige notre couple, notre travail, l’éducation de notre enfant…
Un même projet
Dès le début de notre rencontre, nous nous sommes rendu compte, ma femme et moi, que nous partagions le même projet: monter un centre de réinsertion, que ce soit un orphelinat ou un foyer pour femmes battues. En attendant que Dieu confirme cet appel, nous nous sommes engagés de diverses manières. Beaucoup de nos amis pensent que c’est maintenant le bon moment de concrétiser ce projet. Plusieurs éléments se sont mis en place dans ce sens. Nous avons en particulier rencontré un couple ayant le même objectif et deux amis chrétiens qui sont médecins seraient ravis d’être nos collaborateurs. Nous avons également maintenant des contacts avec des personnes d’expérience dans ce domaine. Nous nous sommes donc mis en route pour faire les démarches en nous disant que notre Dieu ouvrirait les portes si ce que nous souhaitons est juste.
Par sa formation d’infirmière, ma femme pourra assurer le coté médical. Quant à moi, je souhaite me former pour transmettre les vérités spirituelles aux jeunes. En effet, ce type de service demande une connaissance solide de la Bible et une expérience pratique afin de répondre correctement à leurs questions. Ensemble, nous attendons ce que Dieu va nous montrer.