Cet exposé a été donné par Louis Schweitzer à la pastorale nationale de l’Association des Pasteurs de France, à Versailles en mars 2006.
Je vais essayer, dans cet exposé, de parler de trois choses qui toutes nous concernent au premier chef. D’abord de cette demande, ambiguë bien sûr, de spiritualité qui se fait jour dans notre société et que des pasteurs ne peuvent évidemment pas ignorer, ensuite de ce que nos Églises proposent ou ne proposent pas dans ce domaine et, enfin, de la manière dont tout cela, à mes yeux en tout cas, concerne directement le pasteur dans sa personne même. Il va de soi que je sais que tout ce que je dirai pourra être contesté ; je ne prétends pas dire la vérité du Protestantisme. Mais nous sommes justement réunis pour en discuter et c’est de votre « commande » que je m’autorise pour vous proposer ces quelques idées.
LA SOIF DE SPIRITUALITÉ
Nous savons tous que nous sommes dans une situation – qui pourrait sembler paradoxale – de sécularisation galopante et de demande nouvelle de spiritualité. On pourrait dire que la légitimité naturelle des Églises chrétiennes (comme d’ailleurs celle des autres religions) n’existe plus dans nos contrées. L’idée, chère à Albert Schweitzer par exemple, que le pasteur s’adresse à toute une population, à un village, pour lui parler des choses de la vie, est depuis longtemps dépassée. Toutes nos Églises sont devenues des Églises de professants (de fait sinon de droit et de souhait) au sein d’une société largement déchristianisée. Il ne va plus de soi d’être chrétien en France. On pourrait presque dire que, parfois, à cause du poids de l’histoire et de l’image qu’on s’en fait, il est encore plus difficile d’être chrétien que de choisir une...
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