Nos lecteurs savent sans doute que cette année célèbre le 500ème anniversaire de la naissance de Jean Calvin. Au milieu d’un grand nombre d’articles, de publications et de colloques, nous proposons cette étude de Louis Schweitzer sur la spiritualité du Réformateur qui est sans doute moins connue que quelques éléments essentiels de sa théologie.
«Question: Quelle est la principale fin de la vie humaine ?
Réponse: C’est de connaître Dieu (…).
Question: Mais quelle est la vraie et droite connaissance de Dieu ?
Réponse: C’est de le connaître pour l’honorer.
Question: Quelle est la manière de le bien honorer ?
Réponse: C’est que nous mettions toute notre confiance en lui ; que nous le servions en obéissant à sa volonté; que nous l’invoquions dans toutes nos nécessités, cherchant en lui notre salut et notre bonheur ; et qu’enfin, nous reconnaissions du cœur et de la bouche, que toutes sortes de biens viennent de lui seul (1)».
Avec Calvin, nous quittons les intuitions premières de la Réforme pour entrer dans son institutionnalisation, dans sa mise en forme plus structurée. Il est de la deuxième génération, celle qui arrive après la rupture, même si Calvin lui-même passe du catholicisme au protestantisme. Il n’a jamais été moine ni prêtre et sa formation première est juridique; c’est lui qui, avec L’Institution Chrétienne va donner aux protestants leur première «somme théologique». Ces quatre livres qui seront l’œuvre de sa vie cherchent à donner une vue d’ensemble de la théologie biblique. Selon leur auteur, ils sont en effet avant tout une aide pour bien lire et comprendre l’Écriture. On peut noter par rapport à Luther deux différences qui peuvent sembler paradoxales.
• Calvin est concerné par toute l’Écriture; ce qu’il veut transmettre, c’est «tout le conseil de Dieu». Luther n’était intéressé que par l’Évangile, au sens de «ce qui porte le Christ» dans quelque livre biblique que ce soit. Il allait ainsi jusqu’à mettre en doute le caractère canonique de l’épître de Jacques qui ne lui paraissait pas suffisamment évangélique. En revanche, Calvin, qui reçoit toute la Bible comme inspirée, cherche à comprendre la totalité du texte biblique et à rendre compte de manière systématique. D’où un caractère moins dialectique et plus cohérent,...
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