Bénir ou ne pas bénir certains mariages ?

Le mariage et la sexualité

Dix ans se sont écoulés depuis la rédaction de cet article. Écrit sur le mode romancé, Richard Gelin, aujourd’hui pasteur à Paris nous propose les réflexions du pasteur G… sur la manière de répondre aux diverses demandes de mariage qu’un pasteur évangélique peut recevoir.
Un précieux addenda vient compléter cette réflexion, enrichie par dix années d’expérience pastorale.

Le couple avait pris rendez-vous par téléphone en précisant qu’il souhaitait un entretien en vue d’un mariage. En attendant leur arrivée, le pasteur G… se demandait devant quel cas de figure il allait cette fois-ci se trouver. L’un des deux serait peut être divorcé sinon les deux ; à moins que, l’un n’étant pas baptisé, un prêtre leur ait conseillé de s’adresser au pasteur baptiste ! À coup sûr, ils vivraient déjà ensemble et auraient peut être même déjà des enfants. Peut être fréquenteraient-ils une église évangélique où on leur aura refusé cette cérémonie ? Récemment cette situation s’était présentée deux fois. À chaque fois G… avait commencé par prendre contact avec les collègues concernés et qu’elle n’avait pas été sa surprise de découvrir que dans les deux cas, ceux-ci étaient soulagés à l’idée qu’éventuellement il intervienne. Leur vertu évangélique était sauvegardée et le couple satisfait. Il avait gardé pour lui ses sentiments collégiaux ! Il est toujours dangereux de juger du courage de collègues. Quelles circonstances auraient conduit ce nouveau couple à lui demander cet entretien, et pourquoi à lui ? Dans quelques minutes, il en saurait un peu plus. À partir de son expérience, G… pouvait dresser une longue liste de cas abracadabrants. À dire vrai, cela faisait plusieurs années qu’un couple « à l’ancienne » ne l’avait pas sollicité pour un entretien pré-conjugal.

Il s’interrogeait, par ailleurs, quant à la légitimité de cette cérémonie ; comment l’articuler à l’Évangile ? au ministère de l’Église ? à son propre ministère ? Certains collègues étaient très stricts. Ils n’acceptaient de célébrer de bénédiction de mariage qu’aux conditions que dans le couple l’un et l’autre soient des chrétiens professants, qu’ils ne soient, ni l’un ni l’autre, divorcés. Quelques uns refusaient même cette célébration à des couples vivant déjà ensemble. G… avait reçu le témoignage confirmé que sur ce dernier point certains pasteurs interrogeaient le couple et que sa réponse était une condition impérative de l’acceptation ou du refus de célébrer la bénédiction ! G… lui, était connu pour avoir une pratique plus accueillante. En conséquence, des couples venaient frapper à sa porte sans...

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Article publié dans

Les cahiers de l’École Pastorale

#71 - 1e trimestre 2009

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