1891. Rimbaud
L’éducation reçue par Arthur Rimbaud (1854-1891) dans son enfance explique toute sa vie, en dépit des fluctuations de l’adolescence et des aventures de l’âge mûr. Sa mère est une catholique pratiquante à dévotion étroite et stricte. Sa férule est sévère. Madame Rimbaud fait lire la Bible à ses fils à un âge encore tendre. Dans « Les Poètes de sept ans » Rimbaud nous décrit l’enfant Arthur lisant une Bible « à la tranche vert-chou » posée sur « le guéridon en acajou ».
La Bible de la famille Rimbaud est la traduction de Lemaistre de Sacy, rééditée par Hachette en 1841. Son beau-frère, Paterne Berrichon, écrira en 1912 : « Nous avons en main ce volume. On sent qu’il a été lu et relu, au cours des pages, on voit, écrits au crayon, de la main du futur illuminé, des repères et des notes en latin et en grec juvéniles. Les livres de cette bible qui, par l’usure des feuillets, semblent avoir été le plus compulsés sont, outre la Genèse : le Lévitique, le Cantique des Cantiques, Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel, les Évangiles et l’Apocalypse de Saint-Jean ».
La Bible le marquera pour la vie, jusqu’à sa mort le 10 novembre 1891.