Heureux ceux qui procurent la paix au sein de l'Église
Introduction
Heureux ceux qui procurent la paix au sein de l’Église.
Mais de quelle paix parlons-nous ? L’histoire, ainsi que l’actualité récente du reste, nous ont montré que la notion de paix n’est pas une notion transparente. Ce n’est pas une notion qui va de soi. Nous ne pouvons pas parler de paix sans préciser ce que nous entendons par là.
Pour l’Empire romain dans l’Antiquité, par exemple, on parle de pax romana, de paix romaine, pour désigner l’absence relative de conflits au sein des frontières de l’Empire aux 1er et 2e siècles apr. J.-C., laquelle a permis un certain essor du commerce, une libre circulation des biens et des personnes. C’est d’ailleurs cette pax romana qui a permis la diffusion rapide de l’Évangile autour du bassin méditerranéen(1).
En fait, cette notion de pax romana est quasiment synonyme de celle d’Empire romain ou, plus précisément, la paix dont il est question est synonyme d’empire, autrement dit de pacification d’un territoire par domination militaire.
Et « si Pilate a permis le meurtre de Jésus, ce n'était qu'afin de garantir, selon les us de Rome, la paix et la justice en Judée(2) ».
Plus récemment : en septembre 2023, les séparatistes arméniens déposent les armes au Haut-Karabakh, territoire attaqué par l’Azerbaïdjan(3). À la suite de cette capitulation, l’Azerbaïdjan a parlé d’une « réintégration pacifique » du Haut-Karabakh dans son territoire. Mais dans les jours qui ont suivi, les 100.000 Arméniens qui habitaient la région ont dû quitter leurs maisons pour s’enfuir en Arménie ou ailleurs(4). Peut-on vraiment parler de réintégration pacifique et de retour à la paix dans une telle situation ?
En réalité, le caractère ambigu de la notion de paix apparaît dans la Bible elle-même, chez les prophètes de l’Ancien Testament, et même chez Jésus.
Chez les prophètes de l’Ancien Testament, par exemple. D’un côté, face aux ...