Aumôniers de prison et très heureux de l’être

Prison

Entretien conduit par Georges Mary

Jean-Jacques Trézères est aumônier à la Maison d’Arrêt de Rouen et au Centre de détention de Val-de-Reuil, Frédéric Coppin au Centre de Détention de Bédénac (17) et à la Maison d’Arrêt d’Angoulême (16). Ils font partie des (environ) 350 aumôniers protestants qui consacrent une partie importante de leur temps à ce ministère. Nous leur avons posé quelques questions.

Comment êtes-vous devenu aumônier de prison ?

Frédéric Coppin J’avais eu plusieurs petites expériences de visite en prison depuis les années 2000 mais celles-ci ne m’avaient pas marqué particulièrement. C’est en 2016 qu’un aumônier m’a interpellé clairement en me disant : « On a besoin d’aumôniers. Est-ce que cela t’intéresse ? » Dans un premier temps, j’ai accepté d’accompagner petit à petit les aumôniers de la Maison d’arrêt de Gradignan (33) pour les cultes… et ensuite j’ai posé ma candidature. J’ai rapidement obtenu l’agrément((En France, pour devenir aumônier de prison, les protestants doivent présenter leur candidature auprès de la Fédération Protestante de France. Celle-ci instruit le dossier et la présente au Ministère de la Justice qui seul, peut délivrer l’agrément.)) pour Bédénac en Janvier 2017(Angoulême en Janvier 2018). Mon expérience a donc débuté assez récemment.

Jean-Jacques Trézères En tant qu’éducateur spécialisé, j’avais eu l’opportunité de visiter un jeune délinquant en maison d’arrêt et de correspondre avec un jeune père de famille « derrière les barreaux ». À leur sortie, tous les deux m’avaient grandement remercié de leur avoir donné attention et soutien dans cette épreuve d’isolement. Cela était resté gravé au fond de mon cœur.

Quelque temps après ma conversion à Jésus-Christ, j’ai demandé à mon pasteur s’il y avait quelque chose qui se faisait en prison. Ayant pris conscience des grands besoins, j’ai prié à ce sujet sans rien dire à personne durant plusieurs années. Sept ans plus tard, un pasteur qui ne savait rien de mes interrogations, m’a dit qu’il avait pensé à moi en tant que visiteur à la Maison d’Arrêt de Tarbes.

J’ai alors compris que le Seigneur m’appelait à faire un choix. Ma candidature a été retenue et j’ai été nommé visiteur un an plus tard. J’ai ensuite reçu l’appel à être aumônier. Ma candidature a été acceptée sans difficulté par l’Administration pénitentiaire et la Fédération Protestante de France en Juin 2011.

Ce service me permet de faire l’expérience de la grâce du Seigneur qui travaille dans des vies et des situations très diverses.

En quoi consiste votre travail d’aumônier ?

Jean-Jacques  Trézères  Je visite les différents détenus rencontrés en quartier « nouveaux arrivants » de la Maison d’arrêt. Je visite bien entendu également ceux qui sont demandeurs, soit parce que je les ai déjà rencontrés, soit parce que des membres de leur famille qui fréquentent une église me les signalent.

J’accompagne ceux qui ont une démarche de foi chrétienne et qui désirent aller plus loin dans leur connaissance « des choses de Dieu ». Pour plusieurs, c’est l’occasion de « retourner » vers Dieu à travers l’épreuve de la détention.

Je prie avec eux à chaque fois que cela est nécessaire afin de les aider à mettre leur foi en action et de les soutenir spirituellement, ainsi que leur famille.

J’anime des temps cultuels en groupe.

La régularité du service tourne autour d’un temps de prière, suivi de visites et/ou d’animations cultuelles. Toutefois, jamais de « routine » dans la mesure où j’essaye de me laisser conduire au...

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#50 - Novembre 2018

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