Tu n’utiliseras pas le nom de l’Éternel, ton Dieu, à la légère…
Souviens-toi de faire du jour du repos un jour saint.
Le troisième commandement est comme une barrière de défense autour du nom de Dieu. Dieu veut ainsi nous empêcher de nous approcher de lui n’importe comment pour mettre, en quelque sorte, la main sur lui. Il veut nous interdire de le tutoyer d’une façon vulgaire et charnelle.
Pour bien comprendre la portée de cette ordonnance, il faut saisir quelle est l’importance du nom.
Sur le plan humain, nous savons par expérience quelle est l’autorité du nom. Quand on use ou qu’on se recommande du nom d’une personne, l’influence de cette dernière se fait sentir. Celui qui est chargé de parler au nom d’un autre a le pouvoir de celui qui l’envoie. Ainsi, un ambassadeur mandaté par son gouvernement représente le pays lui-même.
Inversement, abuser d’un nom, c’est commettre une usurpation. C’est une escroquerie morale. Le nom, c’est donc bien, en un certain sens, la personne elle-même.
Trois exemples de l’Ancien Testament
L’importance sacrée du nom de Dieu nous est démontrée aussi dans trois récits.
Jacob, après une nuit de combat avec un inconnu, lui demande son nom. Ce dernier lui répond en substance : « Je ne veux pas te dire mon nom, mais je veux te bénir ». Et il le bénit là. Alors Jacob comprend tout à coup que celui qui l’a béni sans lui dire son nom, c’est Dieu lui-même. Le patriarche a connu le Seigneur par la grâce qu’il a reçue de lui. Si Dieu lui avait dit son nom, Jacob, loin d’être béni, aurait été écrasé sous la puissance de ce nom. C’est parce que son nom est trop redoutable pour les hommes que le Dieu trois fois saint le cache derrière la bénédiction.
Plus tard, Moïse demande au Seigneur caché dans le buisson ardent de lui faire connaître son nom. Et Dieu lui répond par cette parole mystérieuse : « Je suis celui qui suis », c’est-à-dire : « Je suis je ». Ce « je » contient la réalité de Dieu. « Je » est un sujet. Or, Dieu est toujours « Je », c’est-à-dire exclusivement le sujet et jamais un objet dont nous pourrions nous saisir.
À son tour, Manoah, informé par un personnage céleste de la prochaine naissance de son fils Samson, prie son visiteur de lui dire son nom. Celui-ci répond : « Pourquoi me demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux. » Autrement dit : mon nom est une merveille d’en haut dont tu ne pourrais supporter la révélation.
Ainsi, par ces trois exemples, nous en arrivons à cette conclusion : Dieu ne peut pas nous révéler son véritable nom et nous le dire en face, car il est redoutable et l’homme ne supporterait pas de l’entendre. Si l’homme ne peut pas voir Dieu de ses yeux et vivre, il ne peut pas non plus entendre le nom de Dieu à ses oreilles sans mourir.
Dans ces trois récits de l’Ancien Testament, ni Jacob, ni Moïse, ni Manoah n’ont vu Dieu et n’ont entendu son nom. Le nom propre de Dieu est un nom ineffable et inexprimable : Dieu le voile comme il voile sa gloire et sa personne.
Le nom caché de Dieu
Dans la Bible hébraïque, le nom de Dieu n’est jamais révélé. Le mot hébreu signifiant Dieu est Élohim, mais c’est un terme général qui désigne une fonction. Il est employé aussi bien pour désigner le Dieu d’Israël (l’Élohim d’Israël) que les faux dieux (les faux élohim) ou les dieux étrangers.
Par contre, dans cette Bible hébraïque, il existe un autre mot qui désigne en principe son nom propre – mais, en réalité, personne ne peut prononcer ce nom de Dieu –, c’est le tétragramme sacré, formé des consonnes : Y H V H. Les mots hébreux se lisent effectivement grâce à des consonnes auxquelles les lecteurs ajoutent spontanément les voyelles nécessaires pour les prononcer. Quant au nom divin, les lecteurs pieux de la Bible hébraïque lisaient bien ces consonnes, mais ne les prononçaient jamais. C’est bien plus tard que des scribes appelés Massorètes ont forgé avec ces quatre consonnes le mot Yahveh ou encore Jéhovah, selon les voyelles qu’ils ont intercalées entre les consonnes.
Plusieurs traductions modernes leur ont préféré des mots entièrement différents pour exprimer approximativement le nom sacré de Dieu, ainsi : Seigneur ou Éternel. Aucun d’eux...