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Dans un contexte « #metoo » où de nombreux pasteurs et enseignants sont accusés d’inconduite sexuelle et d’adultère, et où de nombreux autres tremblent de l’être, la règle proposée par Billy Graham semble être un « pare-feu » efficace à toute tentation sexuelle et risque d’accusation : ne jamais passer du temps seul avec quelqu’un du sexe opposé. Dans son autobiographie((Billy GRAHAM, Tel que je suis : l’autobiographie de Billy Graham, Charols, Excelsis, 1997, pp.147,148.)), le grand prédicateur raconte qu’il appliquait cette règle de façon absolue. Son épouse était l’unique admise seule en sa présence. Il ne se retrouvait jamais seul avec une femme : ni au restaurant, ni dans des rendez-vous particuliers, ni dans un accompagnement ou lors d’un voyage. Il a encouragé de nombreux hommes à suivre ses pas et certains se réclament encore de cette règle aujourd’hui.
Billy Graham raconte qu’il a rassemblé son équipe d’évangélisation et qu’il l’a invitée à lister tous les dangers auxquels les évangélistes étaient exposés. Le péril de l’immoralité sexuelle figurait en deuxième point, juste après les dangers liés à l’argent. Le prédicateur a souligné que la tentation sexuelle était importante pour quiconque voyage et passe du temps éloigné de sa famille. Cette règle radicale était pour lui la manière de s’approprier les recommandations de Paul à Timothée de « fuir… les passions de la jeunesse » (2 Tm 2.22). Billy Graham était soucieux de veiller à son intégrité personnelle ainsi qu’à celle de son équipe. Il voulait aussi protéger son couple et la qualité de son témoignage en tant que pasteur. L’intention de cette règle était de le protéger de tout passage à l’acte mais aussi de toute suspicion ou accusation. Et Billy Graham est connu pour avoir terminé sa vie sans scandale sexuel.
Une règle aux bases vacillantes
Si cette ligne de conduite semble être un pare-feu efficace en plus d’être facile à mettre en œuvre, elle repose sur des affirmations critiquables. Ses fondements présupposent qu’une relation personnelle entre un homme et une femme est davantage risquée que bienfaisante. De plus, cette règle est basée sur une vision très contestable de la femme, de l’homme et des relations qui peuvent se vivre entre les deux.
Tout d’abord, cette règle, lue dans le contexte d’aujourd’hui, présuppose naïvement que les désirs hétérosexuels sont la norme sur le plan des attirances sexuelles. L’actualité de ces dernières décennies montre que le désir homosexuel peut très bien aussi faire partie de la vie affective des responsables d’Église. Il est bon de ne pas oublier...
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