Une fois n'est pas coutume. Voici la transcription d'un cours de la session du 22 au 24 novembre 1999 à l'École pastorale de Massy. A partir de son expérience personnelle, André Pownall nous provoque à une réflexion sur le fonctionnement de toutes nos communautés.
L'auteur du texte, André Pownall, a participé à l'implantation de l'Église Évangélique Libre de Romainville (Seine-St-Denis). Aujourd'hui il est professeur de théologie pratique à l'Institut Biblique de Nogent-sur-Marne. Nos remerciements vont à Jean-Paul Zürcher, qui a rédigé ce texte à partir de l'enregistrement.
Dans nos églises établies, le pasteur hérite d’un mode de fonctionnement qui est plus ou moins adapté aux besoins de l’église. Il lui faut bâtir des relations de confiance avec l’église avant de pouvoir lui proposer des modifications. Une nouvelle implantation d’église a un grand avantage : le pionnier n’hérite pas de structures lourdes. Mais elle a aussi un grand inconvénient : ce dernier ne peut pas rejeter la responsabilité des dysfonctionnements sur les autres ! La réflexion suivante est le fruit de mon expérience dans un poste d’évangélisation, mais j’espère que le lecteur y trouvera des principes qu’il pourra appliquer à sa propre situation.
UN MODÈLE BIBLIQUE D’ORGANISATION
L’équipe d’implantation à Romainville (un équipier d’Opération Mobilisation, un médecin et moi-même) était en réaction contre le ministère pastoral unique, et elle avait une volonté sincère de collégialité. Elle aurait voulu croire qu’il y avait un modèle biblique à découvrir et à appliquer. Cela paraissait tout simple : en conformité avec la pratique de l’apôtre Paul, lors de ses voyages missionnaires, il fallait confier la direction de l’église à un « collège d’anciens ». Pour cette raison, nous n’avions pas de « pasteur » en titre, et les responsables ont pris le titre d' »anciens ». Dans notre schéma de fonctionnement un peu idéaliste, nous étions loin de prévoir les jeux de pouvoir qui peuvent surgir dans la vie de l’église !
Nous aurions préféré fonctionner exclusivement avec ce collège d’anciens, et nous dispenser de conseil d’administration, mais la loi ne rendait pas cela facile. Nous avons mis en place les deux structures, avec les anciens membres de droit du conseil. La question dès lors se posait de l’articulation entre les anciens et le conseil d’administration : qui détenait l’autorité dans l’église ? Avec le recul de quelques années de ministère, j’ai compris qu’au niveau biblique il y a diverses manières d’organiser la...
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