Le Saint-Esprit de la Pentecôte à nos jours

Les dons de l'Esprit

À plusieurs reprises, les Cahiers ont souligné l’importance du dialogue entre évangéliques « classiques » et évangéliques « charismatiques ». Ces échanges doivent porter sur la théologie comme sur la spiritualité et la pratique des dons. C’est donc avec reconnaissance que nous proposons à nos lecteurs un texte du pasteur Jean-Claude Boutinon. Celui-ci, pasteur de l’Assemblée de Dieu de Goussainville est aussi un enseignant et son travail sur le Saint-Esprit est déjà en dialogue avec les apports de théologiens d’autres sensibilités.

[…]

1 – L’Esprit dans la conversion-initiation

     •  Cette partie concernera essentiellement la pneumatologie de Paul. Celle de Jean sera particulièrement importante pour le prochain cours. G. Fee(1) a raison d’insister sur le fait que le Saint-Esprit et sa puissance interviennent dans la proclamation du message d’évangélisation. 1 Thessaloniciens 1.5-6 est l’un des plus anciens textes pauliniens que nous ayons sur l’Esprit ; l’apôtre y écrit à ses destinataires que l’Évangile ne leur est pas arrivé en paroles seulement mais aussi “en puissance” et “en Esprit” (en dunamei kai en pneumati agiô) ainsi que dans une grande plénitude.
Ainsi, à Thessalonique comme ailleurs, les futurs convertis sont mis en contact avec l’Esprit dès le début de leur expérience chrétienne(2). L’Esprit travaille dans les cœurs en sorte qu’ils deviennent des lettres de Christ écrites dans les cœurs “non avec de l’encre mais avec l’Esprit du Dieu vivant (2 Co 3.3). Paul mène son combat spirituel (Col 1.29) avec la force (kata tèn energeia autou) de Dieu mise en œuvre en lui avec puissance. La proclamation paulinienne de l’Évangile (to kèrugma) n’est pas fondée sur des discours persuasifs mais sur une “démonstration d’Esprit et de puissance » (en apodeixei pneumatos kai dunameôs) (1 Co 2.1-5) ; voilà pourquoi la foi des convertis “n’est pas” (placée) dans la sagesse des hommes, mais en Dieu. Ainsi, dès le premier contact avec le “kérygme”, l’Esprit est une réalité vivante lors des missions pauliniennes : c’est une des raisons du succès des appels à la conversion lancés par l’apôtre(3) . 

     •  L’enseignement donné ensuite par Paul n’était pas délivré “dans un langage qu’enseigne la sagesse humaine, mais dans celui qu’enseigne l’Esprit, exprimant ce qui est spirituel en termes spirituels” (1 Co 2.13). La remarque de 1 Corinthiens 7.40 est digne du plus grand intérêt ; Paul estime avoir, lui aussi l’Esprit de Christ : dokô de kagô pneuma theou echein. Cela suppose une expérience commune et généralisée de l’Esprit chez ses auditeurs/lecteurs : ces derniers “ont l’Esprit”, mais Paul leur rappelle que ses exhortations méritent d’être prises en considération dans la mesure où lui aussi a l’Esprit.
Le même raisonnement est valable pour l’exhortation que l’apôtre adresse aux Galates (Ga 3) ; elle n’a de sens que si l’on suppose une réception sensible, expérimentée de l’Esprit : il leur rappelle qu’ils ont expérimenté tant de choses...

Cet article est réservé à nos abonnés

Commandez votre exemplaire ou abonnez-vous pour poursuivre votre lecture !

Article précédent

Texte de prédication : les leçons de la maladie

Réservé abonnés
Article suivant

Le pasteur et sa retraite

Lecture libre

Article publié dans

Les cahiers de l’École Pastorale

#65 - 3e trimestre 2007

Voir le magazine

À lire dans Les dons de l'Esprit