L’Amour, la sexualité, le mariage selon la Bible

Le mariage et la sexualité

Le pasteur Robert Somerville, ancien directeur de l'École Pastorale, est bien connu de nos lecteurs. Dans ce texte qui avait été publié dans le Hors-série n°2 sur le mariage et la sexualité, il nous propose une présentation de l'enseignement biblique et de son actualité. Nous continuons ainsi la publication de textes appartenant à des numéros épuisés et souvent demandés.

C’est là un sujet où l’enseignement traditionnel des églises est sérieusement battu en brèche. La « tradition judéo-chrétienne » qu’évoquent volontiers journalistes, sociologues et psychologues, est jugée dépassée, inadaptée, souvent même ridicule, lorsque, par exemple, elle demande la chasteté en dehors du mariage et même, pour des fiancés, avant le mariage.

Elle est accusée d’être à l’origine de multiples névroses, de souffrances, de frigidités et d’impuissances. Heureusement, ajoute-t-on, la libération sexuelle, qui semble aller de soi dans le cinéma, la télévision ou les romans et dans les modèles sociaux qu’offrent les vedettes du spectacle, a fait sortir le sexe du cachot où les Églises le tenaient prisonnier. N’est-il pas anachronique alors de parler de l’enseignement de la Bible sur cette question ? Vouloir le défendre, n’est-ce pas plaider une cause perdue ? Je ne le crois pas, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, en tant que chrétien, je crois que la Bible est inspirée par Dieu et que son message est vrai pour tous les humains et pour tous les temps.

I. LA « TRADITION JUDÉO-CHRÉTIENNE »

Ensuite, je crois que la contestation de la « tradition judéo-chrétienne », doit être elle-même sérieusement contestée. Dans un ouvrage qui rassemble les résultats de nombreux sondages et enquêtes, Francoscopie, Gérard Mermet conclut : « La révolution sexuelle n’a pas apporté le bonheur attendu. C’est sans doute ce qui explique l’espèce de déconvenue actuelle vis-à-vis du sexe ». Enfin, parce que si ce qu’on appelle – à tort le plus souvent – la « tradition judéo-chrétienne » a pu parfois contribuer à susciter la peur du sexe, sa mise au cachot, une culpabilisation excessive dès qu’il était question de « cette chose-là », cela n’est pas vrai de la Bible.

Or, c’est de la Bible que je veux parler et non des divers visages qu’a pu prendre au cours des siècles l’enseignement des Églises, lequel n’a jamais été monolithique, si bien qu’il serait plus juste de parler au pluriel de traditions chrétiennes (ou juives).

On confond volontiers certaines manifestations historiques de la morale chrétienne, comme par exemple, la pudibonderie du XIXème siècle, avec l’enseignement biblique. Écrire, comme le fait Guy Richard dans son livre Histoire de l’amour en France, que « le mariage n’est-il pas lui-même entaché par l’impureté constitutionnelle de la femme, dont St-Paul et St-Augustin se sont faits les apôtres » révèle une incroyable méconnaissance de la pensée de St-Paul.

On ne peut contester que, dans l’histoire de l’Église, une attitude craintive à l’égard de la sexualité s’est souvent manifestée. Mais ses racines ne sont pas dans la Bible, mais bien plutôt dans des courants de pensée étrangers à la tradition biblique, juive ou chrétienne. Déjà, dans le Nouveau Testament, on peut apercevoir les premières traces de ces idées… d’origines grecques ou orientales, soupçonnant le corps, donc le sexe, d’être mauvais en soi. Ainsi l’apôtre Jean doit lutter contre l’idée que le Christ...

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Article publié dans

Les cahiers de l’École Pastorale

#68 - 2e trimestre 2008

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