Souffrir mais espérer quand même

Spiritualité

La liberté est une valeur chère aux baptistes. Dans cette conférence  prononcée  à  l’occasion  du  Congrès  de  la Fédération des Églises Évangéliques Baptistes de France à Grenoble, en mai 2009, Sébastien Fath nous présente à la fois les éléments libérateurs qui existent dans la tradition de ces Églises et les dérives qui surviennent parfois dans leur histoire concrète. Cette approche historique est pleine d’enseignement pour la vie des Églises baptistes et plus largement évangéliques aujourd’hui.

Faire cette conférence à deux voix dans ce cadre œcuménique est une expérience intéressante. Car le sujet choisi n’est nullement un sujet de division entre chrétiens. Certes, il peut être abordé de bien des manières, mais ces manières se retrouvent dans toutes les Églises. C’est même un sujet qui nous unit à l’ensemble de l’humanité. Mon approche sera plus théologique et spirituelle que médicale et psychologique, mais il est à craindre ou à souhaiter que nous allons, avec le docteur Bellevergue, assez souvent nous croiser ou nous rencontrer.

Ce que le titre nous dit

S’il est une expérience universelle, c’est bien celle de la souffrance. Celle-ci peut se manifester sous mille formes, de la souffrance physique aux innombrables formes de la souffrance morale. Le titre qui nous a été proposé par les Églises est déjà parlant. Il sous-entend deux choses.

La première, c’est que la foi chrétienne ne nous détache pas de l’humanité commune et ne nous dispense pas de la souffrance. Cela va de soi et il suffit de vivre un peu pour s’en rendre compte, mais il est bon de le rappeler tant d’autres discours plus triomphalistes peuvent s’introduire dans certains milieux et séduire de jeunes chrétiens. Je précise « jeunes » dans la foi car cette illusion de protection s’efface assez rapidement devant la réalité de la vie.

La deuxième, c’est qu’une espérance particulière est liée à la foi chrétienne. Ce que nous allons essayer de préciser, c’est la nature de cette espérance, ou plutôt la nature et les contours de ces espérances. Car, selon les traditions chrétiennes et les personnalités, cette espérance risque de prendre des formes diverses. En esquissant ces deux formes de l’espérance, je n’ai nullement l’intention de dire quelle est la bonne, la véritable espérance chrétienne. Il me semble, au contraire, que les deux espérances ont leur place dans la vérité de l’expérience chrétienne. Pour...

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Article publié dans

Les cahiers de l’École Pastorale

#75 - 1e trimestre 2010

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