Pastorat et délivrance – Une nécessité dans l’Église

Ministère pastoral
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Les Églises sont de plus en plus confrontées à des phénomènes de « séquelles d’occultisme », c’est-à-dire des changements de comportement chez des personnes ayant été au contact avec des forces des ténèbres. L’accompagnement pastoral dit « de délivrance » a pour objectif de libérer ceux qui sont sous de telles influences négatives.

L’accompagnement pastoral de délivrance est non seulement souhaitable mais nécessaire.
De nos jours, on assiste à une curiosité grandissante, voire un engouement pour les expériences de contact avec le paranormal et le surnaturel. Dans le suivi pastoral et la cure d’âme, nous en voyons les conséquences lorsque les gens nous parlent de leurs expériences. Nous les entendons, de plus en plus souvent, parler d’une emprise sur eux, d’une perte de contrôle de soi, de pensées compulsives. Les phénomènes liés aux mauvais esprits tels que décrits dans le Nouveau Testament, semblent réapparaître.

Dans le Nouveau Testament, les maladies « normales » sont distinguées des maladies occasionnées par des puissances démoniaques, aussi appelées mauvais esprits ou esprits impurs.

Dans le cas d’une charge occulte, une puissance démoniaque a une influence permanente sur la vie de la victime, qui va plus loin que les tentations de Satan auxquelles tout être humain doit faire face. Si nous distinguons maladies « normales » et maladies occasionnées par une charge occulte ou une influence démoniaque, il convient de réaliser que les maladies dites normales ou naturelles peuvent bien avoir une cause spirituelle. La lèpre de Job était causée par Satan. Dans l’Église de Corinthe, il y avait de nombreux cas de maladies et de décès à cause du jugement de Dieu (1 Cor 11. 30).

Selon l’Évangile, les disciples ont oint d’huile les malades « normaux », tandis qu’ils ont chassé des démons dans d’autres cas (Marc 6.13). Beaucoup de spécialistes du Nouveau Testament s’accordent à dire que c’est surtout Luc, en tant que médecin, qui note clairement cette distinction. Avec le prêtre Peter Horrobin nous pouvons dire que « Jésus ne traitait pas seulement les personnes malades selon leurs symptômes mais également en fonction de la cause profonde de leur état. » La maladie du garçon lunatique n’était pas identique à une épilepsie, comme l’a fait remarquer le théologien Martin Lloyd-Jones qui était également médecin : « Les paroxysmes, l’écume sur les lèvres, le mutisme et la surdité indiquent qu’il ne s’agissait pas d’une épilepsie ». D’autres passages font également une distinction entre maladie d’une part, et influence démoniaque d’autre part (Mt. 4.24 et Luc 4.40-44)D.M. Lloyd-Jones, Not Against Flesh and Blood. The battle against spiritual wickedness in high places, Wales, 2001, p. 69-70. Voir aussi : R.F. Lovelace, Dynamics of spiritual growth. An evangelical theology of renewal, Downers Grove, 1992, p. 140 ; et W. Chr. F. de Vries, Bezetenheid en psychiatrie, in M. J. Paul (rééd.), Geestelijke strijd : demonie en bevrijding in christelijk perspectief. Zoetermeer, 2002, p. 133-134.)). Dans tous les cas, Jésus lui-même faisait comprendre qu’il y avait une puissance spirituelle en jeu.

Ce que nous enseigne Marc 5

Marc 5.1-20 est un passage important. Il décrit la guérison d’un démoniaque dans le pays des Gadaréniens, en Transjordanie. Que pouvons-nous apprendre de cet évènement par rapport à l’exorcisme et l’accompagnement pastoral de délivrance aujourd’hui ?

a) Le malheureux vit dans des sépulcres. Ceci correspond à la relation, souvent constatée, entre les personnes démoniaques et le domaine de la mort. Le satanisme de nos jours connaît plusieurs rites pratiqués dans des cimetières. Ce lieu est aussi indicatif d’une autre pratique occulte qui consiste à chercher un contact avec les esprits des défunts.
b) Vu les maintes tentatives de lier l’homme pour le maîtriser, nous pouvons penser qu’il était une menace pour son entourage. Il n’avait aucun contrôle sur lui-même, il criait à tue-tête, se blessant avec des pierres. Les descriptions de telles situations nous montrent qu’elles peuvent alterner entre attaques (« manifestations ») et périodes d’accalmie.
c) Le possédé a une force extraordinaire : il arrive à briser menottes et chaînes. Ce phénomène est également connu chez des personnes déployant une force satanique. Un exemple récent est le témoignage de Tony Anthony, ancien champion du monde de Kung Fu, par rapport à l’utilisation des puissances Chi((Tony Anthony, L’oeil du tigre, Ourania, 2006.)).
d) L’homme se bat lui-même avec des pierres. Ce phénomène d’automutilation est bien connu.
e) Le possédé fait preuve d’une connaissance paranormale : il est au courant de la véritable identité de Jésus, l’appelant Fils de Dieu Tout-Puissant.
f) L’homme s’exprime, mais à certains moments, un démon prend la parole, ce qui se remarque en principe par un changement de timbre de voix. En l’occurrence, c’est le démon qui demande à Jésus de ne pas le torturer. En règle générale, les forces démoniaques ont peur d’une puissance supérieure et de la torture.
g) À un moment donné, Jésus s’adresse, non pas à l’homme mais au démon qui demeure en lui, lui demandant de décliner son nom. Il s’appelle du nom d’une division de l’armée romaine : « Légion ». Apparemment, il est habité par de nombreux esprits impurs. Le démon demande à ne pas être expulsé en dehors du pays. Ce qui voudrait dire que beaucoup d’esprits ont une autorité et un attachement régionaux ou territoriaux.
h) Quand les esprits sont contraints de quitter l’homme, ils demandent à Jésus de leur permettre d’entrer dans un troupeau de cochons. Nous savons que les démons, quand ils quittent quelqu’un (ce qui peut se faire aussi à son décès), cherchent un nouveau domicile, soit chez les êtres humains, soit chez les animaux. En l’occurrence, ils veulent entrer dans des animaux impurs. Cherchent-ils seulement un nouvel habitat, ou ont-ils l’intention de mettre cette région de nouveau en danger ?
i) Après avoir obtenu la permission, les esprits causent une sorte de panique dans le troupeau, de sorte que les bêtes courent vers la falaise et se précipitent dans la mer. Cette noyade montre la grande puissance de Jésus. Les Juifs se montrent admiratifs car même les esprits impurs obéissent à Jésus. Par contre, les habitants de cette contrée lui demandent de partir.

La situation décrite dans Marc 5 est assez rare. Dans le Nouveau Testament on trouve des situations moins graves. On pense à l’homme mentionné dans Marc chapitre 1, qui se rend à la synagogue de Capharnaüm. Sa réaction à la prédication de Jésus montre une influence démoniaque. Il est possible que les symptômes d’une charge occulte soient présents, à l’état latent, et que la présence de Jésus provoque leur manifestation ouverte.

De nos jours, il arrive fréquemment que des personnes manifestent… des réactions négatives quand ils entendent lire la Bible, exprimer une prière ou prononcer le Nom de Jésus. Dans cette histoire nous voyons également une connaissance paranormale et la peur d’être anéanti. Jésus ne s’adresse pas à l’homme mais au démon, lui ordonnant de quitter l’homme. L’esprit impur réagit, faisant une dernière tentative de blesser sa victime, voire d’occasionner sa mort, par des convulsions (Mc 1.21-26).

Un autre exemple est celui de la femme au dos courbé, qui était dans la synagogue où Jésus enseignait. Si nous sommes enclins à considérer cette maladie comme une pathologie physique, Jésus conclut à un autre diagnostic : Satan avait lié cette femme voilà 18 ans (Luc 13.10-17).

À la suite des Évangiles, le livre des Actes nous donne des enseignements sur ce sujet. Nous voyons la différence entre la vraie autorité dans le Nom de Jésus quand une esclave est délivrée d’un esprit de...

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Les cahiers de l’École Pastorale

#14 - 4e trimestre 2012

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