La question est mal posée ; elle correspond pourtant à une problématique pastorale de plus en plus fréquente et généralement formulée en ces termes. Comme beaucoup de collègues, j’ai eu à y faire face dans l’exercice du ministère. Je voudrais relater en quelques mots la façon dont j’ai traité pratiquement la première demande de ce genre.
Cette forme de « témoignage » n’est pas sans risques : celui d’abord d’exposer les choix théologiques et les attitudes de l’auteur sans qu’ils soient réellement argumentés et celui aussi de frustrer le lecteur qui chercherait une réponse définitive à cette question. J’accepte de les courir et de répondre à ceux qui voudraient interroger ma pratique pastorale.
Attente ambiguë
Une famille très engagée de l’église que je sers a dans sa nombreuse parenté un très jeune couple vivant en concubinage et ayant un enfant. Au cours d’une visite, ils m’annoncent leur désir d’officialiser leur union et demandent s’il est possible que « je les marie » au Temple Protestant. Leur attente est ambiguë : ils veulent surtout une belle fête (le « mariage » de leur cousine sous ma présidence les a favorablement impressionnés), mais ils se posent aussi des questions sur la foi en raison du témoignage positif de la famille citée ci-dessus. Quant à moi, je suis face à une double problématique : discerner et accompagner la recherche spirituelle exprimée par ce jeune couple et convaincre le conseil de la communauté qu’il faut tenter cette démarche sans présumer à l’avance du résultat.
Trois convictions
En fait, trois convictions fortes m’animent :
– Je ne marie personne...
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