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Témoignage de Lorine Jeuch
Prière de François d’Assise
« Seigneur, fais de nous
Des ouvriers de paix,
Seigneur, fais de nous
Des bâtisseurs d’amour.
Là où demeure la haine,
Que nous apportions l’amour,
Là où se trouve l’offense
Que nous mettions le pardon.
Là où grandit la discorde,
Que nous fassions l’unité,
Là où séjourne l’erreur,
Que nous mettions la vérité.
Là où persistent les ténèbres,
Que nous mettions la lumière,
Là où règne la tristesse,
Que nous fassions chanter la joie.
Là où s’attarde le doute,
Que nous apportions la foi,
Sur les chemins du désespoir,
Que nous portions l’espérance.
Donne-nous de consoler,
Plutôt que d’être consolés,
Donne-nous de comprendre,
Plus souvent que d’être compris.
Car il faut savoir donner,
Pour pouvoir être comblés,
Car il faut s’oublier,
Pour pouvoir se retrouver. »
C’est par cette magnifique prière chantée, lors de la célébration de notre mariage, qu’Arnaud et moi, en tant que couple, avons manifesté notre consécration tout entière à Christ au sein de notre nouveau foyer. Quelle déclaration ! Quelles promesses ! Quel engagement ! Mais comment le tenir ?
Arnaud a reçu son appel pastoral pendant ses études. Quant à moi, j’avais entamé mes études de théologie dans un objectif de consécration sans avoir reçu d’appel au ministère. Ce que je souhaitais alors, c’était approfondir mes connaissances bibliques et théologiques afin de mieux connaître et servir notre Seigneur, peu importe sous quelle forme. Arnaud allait être pasteur, moi pas. Il était évident pour Arnaud et moi que nous ne serions pas un « couple pastoral ».
Malgré tout, il était essentiel pour nous de marquer notre engagement actuel dans l’Église, mais aussi celui à venir avec le ministère d’Arnaud qui allait débuter. Sans être un couple pastoral, nous avions, et encore aujourd’hui, ce désir d’être un couple consacré.
Regard des autres sur ma consécration
C’est justement cette question de la consécration qui reste ambigüe pour moi en tant que femme de pasteur. Mon défi, aujourd’hui, est de définir mon engagement hors du pastorat d’Arnaud et des attentes des autres.
1. Attentes
Il existe beaucoup d’attentes de la part des membres vis-à-vis de l’épouse du pasteur. Que dois-je en faire ? Comment trouver ma juste place et être moi-même dans l’Église ?
Ces attentes reflètent souvent le type de consécration que les autres attendent de moi, ou encore que l’épouse du prédécesseur d’Arnaud exerçait : l’accueil, l’organisation des repas, l’enseignement des enfants, les questions pratiques, le rangement dans l’Église, le ménage, le piano, etc. Comment composer avec ces désirs et mes envies ?
J’ai été très claire dès le début : pendant un an j’observerais le fonctionnement de l’Église et je verrais par la suite où m’engager. Ce dispositif est celui que la plupart des membres utilisent lorsqu’ils arrivent dans une nouvelle communauté. J’ai donc choisi d’être un membre parmi d’autres. Cela a plutôt bien fonctionné, même si certaines personnes, notamment les plus anciens, ont exprimé le souhait (par des questions ou invitations innocentes) de me voir reprendre certaines activités tenues par les épouses de pasteurs précédents : groupes de dames, accueil, relation d’aides auprès des femmes… Il faut dire que je ne facilite pas les choses en travaillant à la maison. J’y reviendrai.
2. Perceptions
Il est également difficile pour les membres d’Église d’avoir un regard objectif sur mon service en faisant abstraction du lien avec mon mari. On vient régulièrement me trouver à la fin du culte pour connaître les détails de l’organisation de tel projet ou événement dont je ne suis clairement pas la responsable. Par peur de déranger le pasteur ou par facilité d’accès, c’est vers moi que les personnes se tournent. Les gens sont alors parfois surpris de découvrir mon ignorance sur des dossiers, activités ou cas pastoraux…
Je ne serai jamais un membre engagé comme les autres. Par exemple, je me suis formée en théologie, entre autres, pour être qualifiée pour la prédication de la Parole, mais je reste relativement discrète sur ma formation, car pour beaucoup de personnes ce parcours renvoie aux études pour devenir pasteur.
Pour la plupart des membres de nos Églises, la prédication caractérise le ministère pastoral, même si un prédicateur n’est pas forcément pasteur. Mais, lorsqu’il s’agit de la femme du pasteur,...