Préparation au baptême
Programme
Session 1. Une bonne nouvelle, oui mais laquelle ? Croire et confesser sa foi
- Présentation du parcours
- Qu’est-ce que l’Évangile ? (Rm 1.1-17)
- Qui est Jésus-Christ ?
- Le salut par grâce, au moyen de la foi
- Pour la prochaine fois : lire la confession de son Église et apprendre par cœur le Credo.
Session 2. Faire demi-tour. Changer de vie pour Jésus-Christ
- Retour sur la dernière session
- Changer de vie : deux mouvements (Ga 5.2-26)
- Changer, ou se détourner du péché
- Se tourner vers Dieu
- Pour la prochaine fois : lire Matthieu 5-7.
Session 3. Plonger dans l’eau. Le sens du baptême
- Retour sur la dernière session
- Matthieu 28.16-20
- Romains 6.1-11
- Galates 3.26-29
- 1 Pierre 3.18-22
- Pour la prochaine fois : répondre à quelques questions sur la Bible.
Session 4. À la découverte d’une bibliothèque. La Bible
- Retour sur la dernière session
- Qu’est-ce que la Bible ?
- Lire, méditer et étudier la Bible
- Pour la prochaine fois : mettre en pratique une lectio divina ; se fixer un objectif de lecture quotidien de la Bible.
Session 5. Apprendre à prier. Le Notre Père
- Retour sur la dernière session
- Qu’est-ce que la prière ? Le Notre Père (Mt 6.5-15)
- Les différentes formes de prière
- Construire une vie de prière
- Pour la prochaine fois : apprendre par cœur le Notre Père ; se fixer un objectif de prière quotidienne.
Session 6. Bienvenue dans la famille ! L’Église
- Retour sur la dernière session
- La vie d’Église (Ac 2.36-47)
- Ce qu’est l’Église
- Deux usages du mot « Église » dans le Nouveau Testament
- Pour la prochaine fois : répondre à quelques questions pratiques sur la vie d’Église.
Session 7. La vie dans la famille. Les ministères et la cène
- Retour sur la dernière session
- Les ministères dans l’Église (Ep 4.7-16)
- La cène, deuxième sacrement (1 Co 11.17-34)
- Pour la prochaine fois : identifier les ministres de son Église et leurs fonctions ; répondre à quelques questions sur la pratique de la cène dans sa communauté.
Session 8. L’Église et le monde. Lieux de service et de témoignage
- Retour sur la dernière session
- Le service dans l’Église (1 Co 12.1-13 ; 1 Tm 4.12-16)
- Le témoignage dans le monde (Ac 1.1-11)
- Pour la prochaine fois : lire 1 Pierre 2.11-17 ; réfléchir sur ses dons pour trouver sa place dans la communauté.
Session 9. À propos de la fin du monde. Notre espérance
- Retour sur la dernière session
- Le retour du Christ et notre résurrection (1 Th 4.13-18)
- La nouvelle création (Rm 8.18-25)
En supplément : Session 10. Devenir chrétien après une vie dans l’islam – Rémi Gomez
- Jésus Seigneur
- Jésus Sauveur
- La Trinité
- Pour la prochaine fois : apprendre des versets par cœur sur la divinité de Jésus et sur la Trinité ; prier pour le défi que constitue la vie de disciple.
Sauf mention contraire, la traduction biblique utilisée est la Bible du Semeur.
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Introduction
Préparez-vous au baptême, et plus largement à la vie de disciple de Jésus-Christ, en suivant ces neuf sessions à vivre en groupe, avec un animateur !
Par ce parcours, vous aborderez les fondamentaux de la vie chrétienne : qui est Jésus-Christ ; que signifie changer de vie pour le Seigneur ; quel est le sens du baptême ; comment lire, méditer et étudier la Bible ; comment prier ; qu’est-ce que l’Église ; comment servir dans la communauté et témoigner dans le monde ; ou encore quelle est notre espérance. L’idée est de vous préparer, non pas seulement à l’acte du baptême, mais à la vie chrétienne qui s’ouvre devant vous. Plus qu’une préparation au baptême, ce livret est donc plus largement une préparation à la vie de disciple.
Un disciple n’étant pas passif, vous serez les principaux acteurs de ce parcours, et cela de deux manières au moins. En premier lieu, vous trouverez dans ce livret des questions pour vous faire réfléchir sur les thèmes abordés, à partir de textes bibliques. À vous de trouver les réponses et d’échanger avec les autres participants ! En second lieu, vous aurez des choses à faire entre les sessions, pour ancrer ce que vous apprenez dans votre vie quotidienne.
De quoi aurez-vous besoin pour vivre ce parcours ? Du livret, d’une Bible, éventuellement d’un stylo, et surtout d’un animateur. Ce parcours n’est pas fait pour être vécu seul dans son coin. Le baptême est un acte communautaire. On ne se baptise pas soi-même, mais on se fait baptiser ! Ce serait dommage de se préparer seul à un acte qui manifeste notre appartenance à l’Église, à la famille de Dieu. Si vous n’êtes pas encore en lien avec une Église, cherchez-en une et partagez avec les responsables votre désir de vous faire baptiser !
Vous êtes prêts ? C’est parti.
Introduction pour l’animateur
Ce que vous tenez entre les mains est la version « animateur((Par souci de simplicité, j’utiliserai le terme générique animateur, mais il peut évidemment s’agir d’une animatrice.)) » d’un livret de préparation au baptême publié par Excelsis((Thomas POËTTE, Préparation au baptême. Pour poser les fondements d’une vie de disciple du Christ, Charols, Excelsis, 2023.)). Les participants du groupe auront besoin d’avoir chacun un livret. Ce qui suit reprend le contenu de ce livret (avec une mise en page différente toutefois), augmenté de réponses aux questions pour vous aider à mieux comprendre ce qui est demandé aux participants, à reformuler les questions quand le groupe ne parvient pas à les saisir correctement, ou à poser des questions intermédiaires supplémentaires pour aider le groupe à « accoucher » de ce qu’on souhaite leur transmettre. Cela vous aidera aussi à avoir un « coup d’avance » pour vous concentrer en situation sur l’animation de la discussion entre les participants.
Il est important de comprendre que les réponses aux questions fournies ici ne sont pas destinées aux participants, mais bien à vous, l’animateur. L’objectif n’est pas d’enseigner de manière magistrale les réponses aux participants, mais de vous aider à vous préparer en amont des rencontres, afin de les rendre les plus interactives possibles.
Tout ce qui n’est pas dans le livret a été rédigé en italiques, sauf pour la session 10 (pp.221-233) , qui est une session supplémentaire et qui n’apparaît pas dans le livret (elle est toutefois téléchargeable via un QR code). Elle est destinée aux personnes d’arrière-plan musulman et a été rédigée par Rémi Gomez, apologète, pasteur de l’Église Lumière des Nations à Lyon et spécialiste du dialogue avec l’islam. À l’animateur de juger s’il est nécessaire avec son groupe de faire cette session bonus.
Chaque session est construite de la manière suivante :
- un retour sur la session précédente et sur le travail personnel des participants
- une question « Pour commencer » qui introduit le sujet du jour
- un ou plusieurs textes bibliques à lire sur le thème
- des questions pour réfléchir ensemble sur la thématique
- quelque chose à faire avant la session suivante (soit pour préparer celle-ci, soit pour approfondir la session du jour)
Ce parcours de préparation au baptême pourra paraître relativement long à certains par rapport à ce qui se fait habituellement dans nos Églises((Mais il aurait paru court aux chrétiens de l’Église ancienne, qui suivaient un parcours de trois ans avant de pouvoir se faire baptiser. Voir Neal BLOUGH, « Histoire du catéchuménat de l’Église ancienne à la Réforme », p.65.)). On pourrait l’utiliser alors « à la carte », en suivant certaines sessions et en en laissant d’autres de côté. Attention toutefois à ne pas écarter trop vite des sessions qui, à mes yeux en tout cas, sont fondamentales mais trop souvent traitées comme secondaires. Je pense notamment à la session 6 sur l’Église ou à la session 9 sur l’espérance.
Au sein des sessions elles-mêmes, l’animateur pourra évidemment faire preuve de flexibilité et d’adaptation en passant plus vite sur ce qui est déjà acquis par le groupe et en s’attardant plus sur d’autres points, en sautant des questions, etc. L’outil est pour l’être humain, et non l’être humain pour l’outil !
Par ailleurs, il ne me semble pas toujours nécessaire d’attendre d’avoir fait les neuf sessions pour que les participants soient baptisés. À partir de la session 3, qui traite justement de ce sacrement, le baptême pourra être vécu, et les sessions suivantes tiendront alors lieu de parcours de discipulat post-baptismal.
Ma prière est que, dans tous les cas, ce manuel puisse servir à multiplier des disciples ancrés dans leur foi, par une bonne connaissance de base de la Bible et du Seigneur Jésus-Christ, par une vie de prière et de méditation, et par un attachement solide à une Église locale.
Session 1. Une bonne nouvelle, oui mais laquelle ? Croire et confesser sa foi
À préparer pour cette séance : la confession de foi de votre Église, à distribuer aux participants.
Présentation du parcours
Présentez-vous et dites quelles sont vos attentes pour ce groupe.
Les objectifs du groupe sont les suivants :
- faire le point sur votre relation avec Jésus afin que vous sachiez où vous en êtes
- comprendre le sens du baptême et vous aider à discerner si vous voulez être baptisé
- (il n’y a pas besoin d’être sûr de sa décision pour commencer cette préparation ; notez que l’Église a aussi la responsabilité de discerner si vous êtes prêt ou non)
- apprendre à vivre une vie de disciple de Jésus.
Annoncez le programme dans les grandes lignes, pour que les participants comprennent comment le parcours est construit et dans quelle direction vous allez cheminer ensemble.
L’engagement qui est attendu de vous pour ces études :
- être authentique,
- participer / s’investir,
- être présent aux rencontres, sauf empêchement majeur,
- préserver la confidentialité (ce qui est partagé dans le groupe reste dans le groupe).
Commençons !
Qu’est-ce que l’Évangile ?
Pour commencer : Si vous deviez présenter l’Évangile en quelques mots à quelqu’un qui n’a jamais lu la Bible ou jamais mis les pieds dans une Église, qu’est-ce que vous diriez ?
Lisez Romains 1.1-17.
1. Qu’est-ce que l’Évangile d’après ce texte ?
En deux mots, l’Évangile, c’est Jésus-Christ (voir les versets 2 à 4). Il est intéressant que Paul, en présentant ce qu’est la Bonne Nouvelle qu’il proclame, ne parle pas directement de notre salut (il le fera aux versets 16 et 17), mais simplement de la personne même de Jésus. Pierre suit un schéma similaire dans son discours à la Pentecôte. Il commence par proclamer que « Dieu a fait Seigneur et Messie ce Jésus que vous avez crucifié » (Ac 2.36), et c’est seulement lorsque les personnes présentes sont touchées et demandent quoi faire qu’il leur dit : « Changez, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ, pour que vos péchés vous soient pardonnés. » (Ac 2.38).
Il est important de comprendre que la Bonne Nouvelle est centrée sur le Seigneur, et non pas sur nous ou sur notre salut. Notre salut est plutôt la conséquence de l’Évangile. L’Évangile, c’est la proclamation suivante : « Jésus-Christ, qui est ressuscité, est Seigneur((On pourra creuser cet aspect en lisant Scot McKNIGHT, « L’Évangile de nos jours », consulté en ligne le 11.08.2023 à l’adresse suivante : https://sinclairlog.wordpress.com/2020/09/12/levangile-de-nos-jours-scot-mcknight/.)) ! »
Qui est Jésus-Christ ?
2. D’après Romains 1.2-4, qui est Jésus-Christ ?
Jésus-Christ est d’abord celui qui a été annoncé par les prophètes de l’Ancien Testament. Il est ancré dans une histoire qui commence « il y a bien longtemps ». Il est l’accomplissement des promesses faites au peuple de Dieu (à titre d’exemples, on peut citer Gn 3.15 ; Dt 18.15,18 ; Es 52.13 ; 53.12 ; Dn 7.9-14 ; Mi 5 ; etc.).
Il est aussi celui qui, « dans son humanité » (ou « selon la chair », NBS), descend du roi David. Cela signifie que Jésus est vraiment homme, issu d’une lignée d’êtres de chair et d’os. Cela signifie aussi, dans la continuité du verset précédent, que Jésus est l’accomplissement de la promesse faite à David en 2 Samuel 7, en particulier au verset 16 : « Oui, je rendrai stable pour toujours ta dynastie et ta royauté, ton trône sera inébranlable à perpétuité. » Il est le roi-Messie, envoyé par Dieu pour rétablir le droit et la justice, pour réconcilier les nations et pacifier toute la création.
L’expression « Fils de Dieu » pourrait faire allusion soit à la divinité de Jésus (il est Dieu le Fils), soit à son identité de roi-Messie. En 2 Samuel 7.14 en effet, Dieu dit du descendant de David : « Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils ». Dans le Proche-Orient Ancien, les rois étaient considérés comme les fils adoptifs de Dieu (voir aussi Ps 2.7). Cela permet de mieux comprendre pourquoi Jésus est institué Fils de Dieu au moment de sa résurrection. Parce qu’il est sans péché, et parce qu’il a obéi au Père jusqu’à la mort sur la croix, Dieu a élevé le Fils, il l’a couronné et l’a fait siéger sur son trône (voir Ph 2.8-9 ; Hé 1.3-4 ; 2.9).
Le titre « Seigneur » que Paul applique au Christ en Romains 1.4 comporte le même double sens. Il peut être compris comme un titre divin, car il est appliqué à Dieu dans l’Ancien Testament (les Juifs lisent « Adonaï », « Seigneur » en hébreu, lorsqu’il est écrit YHWH). Mais il peut aussi avoir un sens plus faible de titre royal (dans l’Empire romain, il sert aussi à désigner l’empereur).
3. Matthieu 16.13-17 ; Jean 20.28 ; 1 Timothée 3.16 :
Pour chacune de ces trois références, répondez aux deux questions suivantes :
- Qui exprime ce qu’il croit à propos de Jésus ?
- Que nous apprennent ces paroles sur la personne de Jésus ?
Matthieu 16.13-17 : Pierre confesse deux choses sur Jésus : qu’il est le Messie (ou le Christ, les deux mots sont synonymes), et qu’il est le Fils du Dieu vivant. Le premier titre désigne celui qui est oint pour le service de Dieu. Dans l’Ancien Testament, les rois d’Israël et les prêtres étaient oints. Attribuer ce titre à Jésus c’est voir en lui le roi attendu, le descendant de David revêtu du Saint-Esprit (voir Es 11.1-5 par exemple). Le deuxième titre pourrait sembler être attribué au Christ en vertu de sa divinité, mais il est peu probable que Pierre ait acquis ce niveau de compréhension à ce moment-là du récit. Il est plus probable qu’il faille le lire avec un sens plus faible, désignant le roi descendant de David (voir 2 S 7.14 à nouveau). Les deux titres utilisés par Pierre sont donc quasiment synonymes.
Jean 20.28 : Thomas confesse lui aussi deux choses à propos de Jésus : qu’il est son Seigneur et qu’il est son Dieu. Comme dit plus haut, le premier titre pourrait avoir un sens faible, mais la deuxième partie de la confession ne laisse paraître aucune ambiguïté. Thomas considère que Jésus est Dieu. L’utilisation du pronom possessif (« mon Seigneur et mon Dieu ») est significative. Une confession de foi n’est pas l’affirmation d’une vérité impersonnelle, mais elle implique une relation avec le Dieu que l’on confesse.
1 Timothée 3.16 : C’est Paul qui confesse ici, en écrivant à Timothée. Il est possible que Paul reprenne ici une confession de foi utilisée dans l’Église à son époque. Celle-ci affirme tout d’abord que Christ « s’est révélé comme un être humain », ou plus littéralement « il a été manifesté dans la chair ». C’est dire que le Christ, qui préexistait à son incarnation (puisqu’il a été « manifesté »), est devenu homme (voir aussi 1 Tm 2.5). Il a partagé pleinement, sans tricher, la condition humaine. Il a également été « déclaré juste par le Saint-Esprit ». Or, quel événement a justifié le Seigneur ? C’est certainement sa résurrection, qui a démontré sa justice. Puisque la mort est une condamnation de l’être humain pour le péché (voir Rm 6.23), la résurrection du Christ est une preuve de son innocence. La mort ne pouvait le retenir (voir Ac 2.24). Le texte continue avec l’ascension. Le Christ est monté au ciel pour s’asseoir sur le trône de Dieu, où « il a été vu par les anges ». De là, « il a été proclamé parmi les non-Juifs », et « on a cru en lui dans le monde entier ». Enfin, « il a été élevé dans la gloire », une autre manière de parler de son ascension et de sa session à la droite de Dieu.
Proposez aux participants une synthèse de ce que ces versets nous apprennent sur Jésus : Jésus est pleinement homme et pleinement Dieu, les deux à la fois. Il est le roi-Messie, descendant de David, annoncé par les prophètes de l’Ancien Testament et attendu depuis lors. Il est mort à la croix, mais il est ressuscité, il est monté au ciel d’où il règne comme Seigneur sur tout l’univers.
Le salut par grâce, au moyen de la foi
4. Relisez Romains 1.16-17. Quelle est la conséquence de l’Évangile pour nous qui croyons ?
La conséquence de l’Évangile pour tous ceux qui croient, tant les Juifs que les non-Juifs, c’est le salut, c’est-à-dire le fait d’être unis à Christ, déclarés justes en lui et par lui, d’être pardonnés par Dieu de nos fautes, réconciliés avec lui et ajoutés à son corps qui est l’Église !
5. Comment devient-on bénéficiaires de cette bonne nouvelle, de ce salut ? Lisez aussi 1 Corinthiens 12.3 ; Éphésiens 2.8-9.
C’est par la foi et, pourrait-on dire à la suite des Réformateurs, par la foi seule ! L’expression « par la foi et rien que par la foi » au verset 17 a été comprise de diverses manières, mais une chose est sûre, Paul met fortement l’accent sur la foi ici. La justice de Dieu est offerte au croyant en vertu de sa foi, et uniquement « pour » sa foi. Il est déclaré juste pour sa foi, et pour rien d’autre. Il peut être intéressant ici de faire discuter les participants sur ce qu’est la foi (la foi est-elle une œuvre ?), et sur la place des efforts pour accéder au salut.
1 Corinthiens 12.3 et Éphésiens 2.8-9 permettent de bien éclaircir le propos de Paul. La foi n’est pas une œuvre méritoire, puisqu’elle est elle-même un don de l’Esprit. « Personne ne peut affirmer : “Jésus est Seigneur”, s’il n’y est pas conduit par l’Esprit Saint. » (1 Co 12.3) La foi n’est pas ce que l’on fait, mais simplement l’attitude d’un cœur confiant et humble devant Dieu. Éphésiens 2.8 est très clair également : « Car c’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu ». Nul effort de notre part ne contribue donc au salut. En revanche, ceux qui ont foi en Dieu et en Jésus-Christ et qui sont sauvés ont des efforts à accomplir pour vivre d’une manière digne de leur nouvelle identité. Nous avons des efforts à faire parce que nous sommes sauvés, et non pour être sauvés ! Ce sera le sujet de notre prochaine session.
Posez la prochaine date.
Pour la prochaine fois
Lisez la confession de foi de votre Église (l’animateur du groupe va vous la donner) et notez ce que vous ne comprenez pas ou ce qui vous pose problème ; apprenez par cœur le Credo, aussi appelé Symbole des apôtres (le Credo est une des plus vieilles confessions de foi chrétienne et il est récité chaque dimanche dans de nombreuses Églises ; il résume le cœur de la foi chrétienne ; voir « Le Credo » p.81 des livrets ; p.217 du manuel animateur).
Session 2. Faire demi-tour. Changer de vie pour Jésus-Christ
À préparer pour cette séance : des papiers sur lesquels les participants pourront écrire les péchés dont ils ont à se détourner (voir question 5).
Retour sur la dernière session
- Qu’est-ce que nous avons vu la dernière fois ?
- Récitez le Credo ensemble. Est-ce que vous avez des questions sur le Credo ?
- Est-ce que vous avez lu la confession de foi de votre Église ? Y a-t-il des mots que vous n’avez pas compris ? Est-ce que vous avez des questions ? Des remarques ?
Changer de vie : deux mouvements
Pour commencer : On désigne par le mot « disciple » ceux qui croient en Jésus et vivent selon son enseignement. Qu’est-ce que ce mot vous inspire ? À quoi vous fait-il penser ?
Devenir disciple de Jésus-Christ implique un changement de vie, que la Bible décrit à l’aide de deux verbes, qui indiquent que ce changement se fait en deux « mouvements ».
1. Lisez Actes 3.17-21.
Quels sont les deux verbes à l’impératif que Pierre emploie pour indiquer le changement de vie attendu de ceux qui deviennent disciples de Jésus ?
Au verset 19, Pierre utilise les deux impératifs suivants : « Changez et tournez-vous vers Dieu ». La NBS traduit « Changez donc radicalement, faites demi-tour », et la Colombe « Repentez-vous donc et convertissez-vous ».
2. Comment comprenez-vous chacun de ces deux « mouvements » ?
Le premier verbe, « changez » (on traduit parfois aussi « repentez-vous »), signifie « se détourner de », « changer d’avis ». Il implique de « se détourner radicalement de tout ce qui empêche de se consacrer pleinement à Dieu((J.M. LUNDE, « Repentance », dans Dictionnaire de théologie biblique, OR, Charols, Excelsis, 2006, p.865.)) ».
Le deuxième verbe, « se tourner vers » (on traduit parfois aussi « convertissez-vous »), décrit le mouvement de réorientation de sa vie vers Dieu, sous tous ses aspects (la pensée, les émotions, l’action, etc.).
Les deux verbes peuvent chacun recouvrir le sens de l’autre, il ne faut donc pas trop séparer les deux « mouvements ». On pourrait parler d’un seul mouvement à deux facettes.
Un autre texte décrit plus en détail ce double mouvement. Lisez Galates 5.2-26.
Changer, ou se détourner du péché
3. D’après Galates 5.13, à quoi êtes-vous appelés ?
Le disciple du Christ est appelé à la liberté. On se représente parfois la vie chrétienne comme une liste d’interdits, mais c’est passer à côté de la bonté de Dieu. Déjà dans le jardin d’Éden, le serpent avait demandé à la femme : « Vraiment, Dieu vous a dit : “Vous n’avez pas le droit de manger du fruit de tous les arbres du jardin !” ? » (Gn 3.1). Alors que Dieu avait dit : « Mange librement des fruits de tous les arbres du jardin, sauf du fruit de l’arbre de la détermination du bien et du mal. » (Gn 2.16-17) Il est bon de se rappeler que c’est pour notre liberté que Christ est mort. Il s’agit alors de bien comprendre en quoi consiste cette liberté.
4. De quoi avez-vous été libérés d’après Galates 5.2-12 ? D’après Galates 5.19-21 ?
D’après Galates 5.2-12 (voir aussi 5.18), nous avons été libérés du régime de la Loi comme principe de salut. Autrement dit, notre accès à Dieu et notre justification (le fait d’être déclarés justes) ne dépendent plus de notre obéissance à la Loi. Nous sommes d’ailleurs bien incapables d’obéir à la Loi, et le régime de la Loi, bien que bon en soi, nous condamne et nous conduit à la séparation de Dieu (voir Ga 5.4). Il est important d’insister sur ce pan de notre libération, car lorsqu’on parle de ce dont nous avons à nous détourner, nous pensons bien plutôt au deuxième aspect développé par Paul, la vie immorale, et nous oublions que nous avons aussi à nous détourner d’un mode vie où nous cherchons à mériter l’amour de Dieu. Paul dénonce avec une certaine force ceux qui retournent à ce régime de la Loi en se faisant circoncire : « Ah ! Qu’ils se mutilent donc complètement, ceux qui sèment le désordre parmi vous ! » (Ga 5.12)
D’après Galates 5.19-21, nous avons également été libérés d’une vie « sans foi ni loi », où l’on est esclave de ses passions et où l’on fait ce que bon nous semble. En Christ, nous sommes délivrés de tout cela : « l’immoralité, les pratiques dégradantes et la débauche, l’adoration des idoles et la magie, les haines, les querelles, la jalousie, les accès de colère, les rivalités, les dissensions, les divisions, l’envie, l’ivrognerie, les orgies et autres choses de ce genre » (Ga 5.19 21).
Plusieurs auteurs chrétiens ont identifié ces deux voies de rejet de Dieu et dont le Christ nous libère, en parlant respectivement de légalisme et d’antinomisme (terme qui signifie « anti-loi »), ou de moralisme et de relativisme. Timothy Keller explique les choses ainsi :
« Les chrétiens distinguent habituellement deux manières de répondre à Dieu : le suivre et faire sa volonté, ou le rejeter et s’en tenir à ses propres affaires. En fin de compte, ils n’ont pas tort. Mais il y a en fait deux manières de rejeter Dieu qui doivent être distinguées l’une de l’autre. Nous pouvons rejeter Dieu en rejetant sa Loi et en vivant comme bon nous semble. Et nous pouvons aussi rejeter Dieu en adhérant à sa Loi et en y obéissant afin de gagner le salut. Le problème, c’est que les gens du dernier groupe (ceux qui rejettent l’Évangile en faveur du moralisme) ont l’air d’essayer de faire la volonté de Dieu. Par conséquent, il n’y a pas seulement deux façons de répondre à Dieu mais trois : l’irréligion, la religion et l’Évangile((Timothy KELLER, Une Église centrée sur l’Évangile. La dynamique d’un ministère équilibré au cœur des villes d’aujourd’hui, OR, Charols, Excelsis, 2015, p.84. C’est l’auteur qui souligne. Les pages suivantes sont aussi très utiles sur le sujet.)). »
5. Prenez un moment de prière silencieuse, puis notez sur un papier les péchés dont vous avez encore besoin de vous détourner pour ne pas redevenir esclave de ce dont vous avez été libérés (voir Galates 5.1). Le péché, c’est tout ce qui va à l’encontre de la volonté de Dieu et qui nous empêche de lui être pleinement consacrés. Désignez vos péchés avec vos propres mots. Puis, toujours dans la prière, demandez pardon à Dieu pour ces péchés.
Laissez un temps de prière et d’écriture.
Après quelques minutes, offrez la possibilité de partager tout ou partie de ce qu’ils ont noté, en rappelant l’engagement à la confidentialité. Puis annoncer le pardon (étape importante pour qu’ils ne restent pas sur une fausse culpabilité), par exemple en lisant 1 Jean 1.9 : « Si nous reconnaissons nos péchés, Dieu est fidèle et juste et, par conséquent, il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout le mal que nous avons commis. »
En partant, vous pourrez jeter votre papier à la poubelle, pour symboliser par un geste concret que par sa mort à la croix, Jésus a payé pour vos fautes, et qu’il vous a acquis le pardon.
Se tourner vers Dieu
6. Quels sont les deux manières de vivre qui s’opposent d’après Galates 5.16-26 ?
Paul oppose la marche par l’Esprit de Dieu et la marche par la chair, ou la marche de l’homme livré à lui-même (BDS). Les désirs de l’Esprit et les désirs de l’homme livré à lui-même sont « diamétralement opposés » pour l’apôtre. Les deux manières de rejeter Dieu que l’on vient de voir sont toutes deux incluses dans la marche par la chair (voir Galates 5.18 puis 5.19-21). Aussi paradoxal que cela paraisse à première vue, l’être humain a besoin de vivre dans la dépendance d’un Autre pour être réellement libre ! Livré à lui-même, il devient l’esclave de sa culpabilité ou de ses passions.
| La « chair » Le mot « chair » utilisé par Paul aux versets 16, 17 et 19 de Galates 5 pourrait être mal compris. Parfois, l’apôtre utilise le mot comme synonyme de « corps » (par exemple en Col 2.5), ou alors pour désigner l’humanité et les liens de parenté qui la constituent (par exemple en Rm 9.3 : « les gens de ma parenté selon la chair », NBS). Dans ces cas-là, il n’attribue au terme aucune connotation péjorative. Ici, le sens semble différent. Paul oppose la chair à l’Esprit de Dieu (voir Rm 8.9). Il n’oppose pas deux parties de l’être humain (sa chair et son esprit), comme on pourrait le croire à la première lecture. La chair désigne ici l’humanité livrée à elle-même, l’humanité non-régénérée. Si l’Esprit de Dieu n’habite pas dans l’être humain, celui-ci n’est pas libre. Il est esclave de ses désirs et du péché (Ga 5.19-21), et il est « sous la Loi » (Ga 5.18), cherchant vainement à être déclaré juste par lui-même, par son obéissance à la Loi (Ga 5.4). |
7. Sur quoi (ou sur qui) pouvons-nous donc fonder nos efforts pour vivre pour Dieu ?
Ce ne peut pas être par ses seuls efforts que le chrétien cherche à mener une vie digne du salut qui lui a été offert, sinon il risque de retomber dans le légalisme. Les efforts ne sont pas absents de la vie chrétienne – loin de là – mais ils doivent être menés « dans la dépendance du Saint-Esprit », sous la conduite de l’Esprit. Il s’agit donc de mettre l’accent sur la relation et l’intimité avec Dieu, et de viser par là une transformation de l’être intérieur, d’où découle un changement de comportement, plutôt que l’inverse. Jésus l’exprime ainsi :
« Ce qui rend un homme impur, ce n’est pas ce qui entre dans sa bouche, mais c’est ce qui en sort. […] Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c’est cela qui rend l’homme impur. Car, c’est du cœur que proviennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, l’immoralité, le vol, les faux témoignages, les blasphèmes. Voilà ce qui rend l’homme impur. » (Mt 15.11 ; 18-20)
8. Quelles sont les différentes facettes du fruit que produit l’Esprit dans la vie de celles et ceux qui se laissent diriger par lui ?
Paul liste les différentes facettes du fruit que produit l’Esprit au verset 22 : « l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi ». On le voit bien, c’est le caractère du disciple qui est en jeu, bien plus que son comportement extérieur.
Le singulier est intéressant. Bien qu’il puisse avoir un sens collectif, le fait que Paul parle du « fruit de l’Esprit » en opposition aux « œuvres de la chair » (NBS) indique certainement que le chrétien ne peut pas se « spécialiser » dans la joie, ou dans la douceur, ou dans l’une ou l’autre des vertus listées. C’est ensemble que celles-ci doivent se développer dans le cœur du disciple, et se déployer dans sa manière de vivre.
9. Quelles sont les facettes de ce fruit qui sont les plus présentes dans votre vie ? Quelles sont celles que vous auriez besoin de faire grandir davantage ?
10. Comment l’exemple de Jésus-Christ peut-il vous aider à faire grandir le fruit de l’Esprit ?
C’est en méditant la vie de Jésus-Christ et en cherchant à lui obéir que nous pourrons développer le fruit de l’Esprit en nous. Si nous sommes des disciples, c’est alors que nous avons un maître, aux pieds duquel nous devons nous tenir régulièrement, par la prière et la méditation, pour apprendre de lui à mener une vie bonne, juste et belle. Il est, par excellence, celui dont la vie a produit ce fruit de l’Esprit. En marchant dans ses pas, nous ne sommes pas les disciples d’un maître disparu depuis longtemps auquel nous n’aurions accès que par ses paroles, rapportées par ses premiers disciples. Non, c’est réellement dans sa présence que nous apprenons à vivre comme lui, présence rendue possible par le Saint-Esprit qui vit en nous (voir Jn 14.15-31).
Posez la prochaine date.
Pour la prochaine fois
Lisez les chapitres 5, 6 et 7 de Matthieu (discours de Jésus parfois appelé le Sermon sur la montagne). Notez vos questions et remarques. Identifiez au moins un domaine où vous avez besoin de vous laisser davantage diriger par l’Esprit pour vivre en disciple.
Session 3. Plonger dans l’eau. Le sens du baptême
À préparer pour cette séance : le photolangage de la question « Pour commencer », en imprimant les photos proposées (voir le QR code plus bas) ou celles de votre choix et, éventuellement, en les plastifiant pour pouvoir les réutiliser plusieurs fois.
Retour sur la dernière session
1. Qu’est-ce que nous avons vu la dernière fois ?
2. Est-ce que vous avez lu Matthieu 5-7 ? Est-ce qu’il y a des choses que vous n’avez pas comprises dans ce discours de Jésus ?
3. Est-ce qu’il y a quelque chose qui vous a dérangé ? Un domaine où vous vous dites que vous avez besoin de vous laisser davantage diriger par...
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