1536. Dieu parle en anglais (Tyndale)
Un des Nouveaux Testaments grecs récemment édités par Érasme de Rotterdam (1517), tombe entre les mains de William Tyndale (1494-1536). Il le lit avec avidité, se convertit et n’a plus dès lors qu’une pensée : partager son nouveau trésor. En 1524, une loi déclare en Angleterre que tout homme surpris en train de lire la Bible en anglais perdra ses biens, sa terre, son bétail et sa vie. Tyndale brave l’interdit et se met à traduire le Nouveau Testament en anglais.
Une fois sa traduction achevée, un ouvrier ivre le trahit. Le travail est arrêté. Tyndale s’échappe avec les précieuses pages déjà imprimées et trouve un autre imprimeur à l’étranger. Au printemps 1526, au moins 6.000 exemplaires du Nouveau Testament ont déjà atteint l’Angleterre.
Bien que les autorités brûlent méthodiquement les Nouveaux Testaments et arrêtent leurs propriétaires, des commerçants continuent d’en faire entrer dans des ballots de tissu.
Ignorant le danger, Tyndale traduit l’Ancien Testament. Emprisonné, il conduit le gardien et sa famille à devenir chrétiens. Ces amis lui apportent des bougies, du papier, une Bible hébraïque, une grammaire et un dictionnaire. Il continue ainsi à travailler.
Le 6 octobre 1536, Tyndale est brûlé à Vilvorde (Belgique). Ses dernières paroles sont « Que le roi d’Angleterre ouvre les yeux ». Elles seront en partie exaucées deux années plus tard avec l’impression de la « version autorisée du roi Henri » (Great Bible) destinée à l’Église d’Angleterre. Celle-ci reprendra largement le texte de Tyndale.