1869. La Bible de Livingstone
David Livingstone (1813-1873), au cours de sa dernière grande exploration africaine, est usé, malade, perdu dans le centre de l’Afrique. Il écrit ceci dans son carnet de notes de voyage : « 7 janvier (1869) ou à peu près : impossible de marcher ; pneumonie du poumon droit. Je tousse jour et nuit et je crache du sang ; ma faiblesse est désolante. »
Il y a quatre ans, déjà, qu’il n’a lu une ligne venue du pays! Aussi, avec quelle légitime amertume apprend-il que caisses et courrier ont été volés ! Courageusement, malgré sa faiblesse, il se met à écrire. Hélas ! Les 45 lettres qu’il envoie d’Uji à ses enfants, à ses amis, au gouvernement anglais et à la Société de géographie de Londres, sont brûlées en route par des trafiquants d’esclaves qui redoutent les révélations.
Dans sa solitude et sa détresse morale, accablé par sa faiblesse physique et par les échecs perpétuels, Livingstone trouve dans la Bible son seul secours. Il la lit quatre fois, d’un bout à l’autre, durant cette tragique période.