Ralentir … pour avoir le temps de vivre !
Devons-nous renoncer à la vitesse ?
Quand on met en perspective tous les domaines où des mouvements « slow » se sont structurés, on se rend compte que nous faisons beaucoup de choses « pour aller plus vite ».
Cela pose deux questions. D’abord, pour aller plus vite où ? Est-ce que nous sommes sûrs que le point d’arrivée de notre activité vaut la peine ? Et puis, deuxième question, est-ce que les activités que nous tentons de compresser sont uniquement une perte de temps ? Est-ce qu’elles n’ont pas une valeur en elles-mêmes ? En clair, la vitesse peut nous faire perdre de vue tout ce qui fait la saveur de la vie sociale.
Perte ou gain ?
Ces dernières années, l’évolution de l’économie a conduit à diminuer encore le temps consacré aux interactions sociales. Vous pouvez, désormais, acheter en ligne un produit ou un service sans rencontrer personne. Le facteur, que vous ne voyez pas, dépose, à la fin, le colis dans votre boîte aux lettres normalisée. Le gain de temps est énorme. Mais n’avons-nous pas perdu en route des liens sociaux ? Nous nous retrouvons solitaires dans une société atomisée où l’agressivité entre les personnes s’accroît.
Choisir les bonnes priorités
Beaucoup de personnes doivent recourir à la consommation de calmants qui « règlent les problèmes » plus vite que de prendre le temps de se poser, de considérer le jeu de contraintes dans lequel nous sommes pris, et de réexaminer, finalement, nos priorités. Dès qu’une parenthèse forcée s’est imposée, à l’occasion de la pandémie de COVID-19, on a vu des personnes en grand nombre, se rendre compte qu’elles feraient mieux d’essayer une autre vie.
Réapprendre à vivre
Ralentir, est-ce donc un exercice pénible auquel nous devrions nous plier de force ? Ou bien n’est-ce pas plutôt l’occasion de redécouvrir des pans entiers de l’existence que nous avons laissés dans l’ombre et que nous pouvons réinvestir avec joie et enthousiasme ? Pour en avoir fait l’expérience, je peux dire qu’au départ, c’est assez déstabilisant. Cela percute tous nos réflexes spontanés et nous nous retrouvons vite un peu perdus. Mais, ensuite, des réalités riches émergent et, quand nous nous sommes consacré un certain temps à ces nouvelles réalités, il est presque impossible de revenir en arrière. Je peux le dire d’une autre manière : essayez et vous verrez !
Les mouvements « slow »À la recherche d’une qualité de vieEn 1986, le projet d’installation d’un « fast-food » en plein cœur de Rome conduit un certain nombre d’Italiens à lancer un mouvement qu’ils appellent : « slow food. » L’idée n’est pas seulement de critiquer la « malbouffe » – comme on le fera en France -, mais aussi de lutter contre une discrimination sociale qui réserve la cuisine élaborée à des personnes aisées, et contraint les moins fortunées à se nourrir de plats industrialisés. Plus qu’une critique de la vitesse en elle-même, c’est la critique d’une société qui sacrifie certaines valeurs au nom d’une économie (de temps ou d’argent) contestable. Dans les années suivantes, le mouvement prend de l’ampleur. En 1989 une charte internationale est signée. Puis, dans toute une série de domaines, on se rend compte que l’on a abandonné la qualité de vie, la saveur des relations humaines, au nom de produits vite faits, vite consommés, mais vides de sens. C’est ainsi que naissent, par exemple :
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Des exercices pour cultiver la lenteur
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Pour en savoir plus[IAAC:centre]
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