Parlons silence !
Bienheureux que je suis de devoir écrire quelques mots sur ce sujet plutôt que de les prononcer ; car alors, parler sur le silence serait par nature le briser. Fort heureusement, l’écrit ne produit pas de son. Et encore… touches de mon clavier, froissement de la feuille dans vos mains… Toute activité — et à fortiori toute vie — est finalement productrice de bruit. Dois-je alors commencer par écrire ou tout cesser pour « faire silence » ?
Nous vivons dans une société très bruyante et hyper connectée où les alarmes règlent et régissent notre vie : réveils, sonneries de portable, rappels de rendez-vous… Celui qui se tait inquiète son entourage : « Pourquoi ne dis-tu rien ? N’es-tu pas content ? » Marquer une pause silencieuse, c’est rompre le rythme de l’échange. Cela dérange. La parole est aujourd’hui reine, elle nous fait exister et crée le lien. Pourtant, « si la parole est d’argent, le silence est d’or », c’est probablement que lorsque l’autre fait silence, il faut l’écouter avec le plus d’attention.
Le silence existe-t-il ?
Le silence selon le Petit Robert est décrit comme étant « l’absence de bruit ».
Étymologiquement, le mot « bruit » vient du verbe bruire qui signifie « faire entendre un son », du latin « bragere » (braire — « il brame »). Les soirées d’automne, propices à l’écoute du brame du cerf en rut, apportent un éclairage nouveau sur cette notion de « bruit ».
Un bruit est donc un « son jugé indésirable...
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