Le sacrement de la prédication : prêcher, c’est louer !

La prédication

Michael Quicke est le Principal du Spurgeon's College de Londres. Le texte qui suit est celui de son intervention au colloque sur le culte qui s'est tenu à Berlin en octobre 1998, organisé par l'Alliance Baptiste Mondiale. Il nous aidera à prendre conscience du mystère de la prédication, au-delà de la nécessaire qualité technique. Et nous sommes tous concernés, prédicateurs comme auditeurs.

Le titre de ma présentation pourrait susciter de la méfiance pour deux raisons au moins. D’abord, le mot « sacrement » résonne aux oreilles des baptistes comme un concept étranger, qui s’intègre difficilement à leur conception de l’Église. Pourquoi provoquer ainsi délibérément par l’usage de ce mot précis? En deuxième lieu, le titre paraît établir de manière discutable un lien entre la prédication et l’adoration qui ose identifier l’un à l’autre : la prédication, acte d’adoration. En bref, il faudra traiter dans son ensemble ce lien entre la prédication et la louange, puisque certains soutiennent que prédication et louange s’allient difficilement dans le meilleur des cas, et au pire s’opposent carrément. Mais je commencerai par expliquer l’usage que je fais du mot « sacrement », puisque je n’arrive pas à trouver une meilleure formule, brève, pour exprimer mes convictions, non seulement quant à la prédication, mais aussi dans son rapport à la louange.

La prédication est plus qu’il n’y paraît

Certes, le mot « sacrement » est déconcertant pour beaucoup de baptistes. Nous craignons – avec raison – les abus d’un sacramentalisme qui impute aux rites le pouvoir de transmettre la grâce de manière quasi mécanique. Toutefois, une utilisation juste du mot « sacrement » désigne l’activité mystérieuse de Dieu en réponse à la foi. « Sacramentum » est le mot latin utilisé dans la traduction de la Vulgate pour traduire le mot grec « mystère », lequel fait allusion à la participation au mystère de Dieu. Pour reprendre les termes du missel anglican, c’est « un signe extérieur et visible d’une grâce intérieure et invisible ». En...

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Les cahiers de l’École Pastorale

#36 - Juin 2000

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