A l’écoute de Jésus
Après avoir évoqué certains aliments et produits que Jésus a pu consommer à son époque, nous voulons maintenant nous mettre plus directement à son écoute sur quelques-uns des thèmes qu’il a pu aborder. Son message est, certes, avant tout d’ordre spirituel. Son but était, et est toujours, d’amener ses auditeurs à saisir la main que Dieu leur tend et à nouer ainsi avec lui une relation comparable à celle d’enfants vis-à-vis de leur père. Pour cela, Jésus a puisé ses illustrations dans tous les domaines de la vie courante. Le commerce en est un dont il s’est abondamment servi.
Parfois les termes utilisés à l’époque de Jésus et ceux d’aujourd’hui sont quasiment les mêmes et les principes ou usages ont relativement peu changé. Parfois, il nous a fallu faire davantage œuvre de transposition d’une époque à l’autre. Certains de ces rapprochements pourront du reste paraître contestables. Nous reconnaissons aussi qu’il pouvait y en avoir d’autres également. S’ils font réfléchir et amènent à une prise de conscience, nous aurons fait là l’essentiel.
Acheter
Jésus raconte ceci dans l’une de ses plus courtes paraboles : « Le Royaume des cieux ressemble à ceci : Il y a un trésor caché dans un champ. Un homme trouve le trésor et il le cache de nouveau. Il est plein de joie, il va vendre tout ce qu’il a et il achète ce champ. » (Matthieu 13.44).
Jésus n’ignorait pourtant pas cette invitation qu’on trouve dans l’Ancien Testament : « Vous tous qui avez soif, voici de l’eau, venez ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez ! Achetez à manger, c’est gratuit. Venez, achetez du vin et du lait sans argent. Pourquoi dépenser de l’argent pour quelque chose qui ne nourrit pas ? Pourquoi vous fatiguer pour quelque chose qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi bien, alors vous aurez de bonnes choses à manger, vous goûterez des choses délicieuses » (Ésaïe 55.1-2).
Comment donc concilier « vendre tout ce qu’on a » et « acheter sans rien payer » ?
En fait, Jésus a aussi parlé d’offrir gratuitement son « eau ». Voici ce qu’il dit à cette femme au bord du puits : « Si quelqu’un boit de cette eau, il aura encore soif. Mais s’il boit l’eau que je lui donnerai, il n’aura plus jamais soif. Au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source, et cette source donne la vie avec Dieu pour toujours. » (Jean 4.13-14).
C’est tout le paradoxe de la grâce de Dieu qui est ici résumé par ces propos apparemment contradictoires.
L’eau de la vie est gratuite… Jésus l’offre. Mais comme elle ne se mélange pas avec l’eau sale de notre nature humaine souillée par le péché, il faut, pour la recevoir, se débarrasser de tout ce qui pourrait prendre sa place. En quelque sorte « tout vendre », faire place nette.
Jésus est le trésor pour lequel aucun sacrifice n’est trop grand.
Argent
Les auteurs bibliques sont unanimes : Dieu prend plaisir à bénir les hommes. Les biens matériels sont un aspect probable de cette bénédiction. Par contre, la richesse est aussi présentée dans la Bible comme un risque ou un piège (Proverbes 30.7-9).
On connaît les discours de ceux qui prétendent qu’on a réussi sa vie quand on peut s’offrir un niveau de vie convoité par d’autres. En devenant une fin en soi, l’argent détourne des vraies valeurs. L’argent peut aussi devenir une fausse sécurité. L’homme tend à se reposer davantage sur son coussin que sur Dieu lui-même. Toutefois, il n’en aura jamais assez.
C’est tout cela que Jésus dénonce implicitement quand il dit :
« Ne cherchez pas à posséder beaucoup de richesses sur la terre. Là, les insectes et la rouille détruisent tout. Les voleurs entrent dans les maisons et ils volent. Mais cherchez à posséder beaucoup de richesses auprès de Dieu. Là, les insectes et la rouille ne détruisent rien, les voleurs n’entrent pas et ils ne peuvent pas voler.
Oui, là où tu mets tes richesses, c’est là aussi que tu mettras ton cœur…
Personne ne peut servir deux maîtres. En effet, ou bien il détestera l’un et il aimera l’autre, ou bien il sera fidèle à l’un et il méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent !
C’est pourquoi je vous dis : ne vous faites pas de souci pour votre vie ni pour votre corps. Ne vous demandez pas : “Qu’est-ce que nous allons manger ? Avec quoi est-ce que nous allons nous habiller ?” Oui, votre vie est plus importante que la nourriture, et votre corps est plus important que les vêtements.
Regardez les oiseaux. Ils ne sèment pas, ils ne moissonnent pas. Ils ne mettent pas de récoltes dans les greniers. Et votre Père qui est dans les cieux les nourrit ! Vous valez beaucoup plus que les oiseaux !
Ce n’est pas en vous faisant du souci que vous pouvez ajouter un seul jour à votre vie !
Pourquoi alors vous faire du souci pour les vêtements ? Observez les fleurs des champs, regardez comment elles poussent. Elles ne filent pas et elles ne tissent pas.
Pourtant, je vous le dis : même Salomon, avec toute sa richesse, n’a jamais eu de vêtements aussi beaux qu’une seule de ces fleurs.
L’herbe est aujourd’hui dans les champs, et demain on la jettera au feu. Et pourtant, Dieu l’habille de vêtements magnifiques. Vous qui n’avez pas beaucoup de foi, vous pouvez être sûrs d’une chose : Dieu en fera au moins autant pour vous !
Ne soyez pas inquiets en vous demandant : “Qu’est-ce que nous allons manger ? Qu’est-ce que nous allons boire ? Avec quoi est-ce que nous allons nous habiller ?”
En effet, les gens qui ne connaissent pas Dieu cherchent tout cela sans arrêt. Vous avez besoin de toutes ces choses, et votre Père qui est dans les cieux le sait bien.
Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et ce que Dieu demande. Il vous donnera tout le reste en plus. » (Matthieu 6.19-33).
Arrière-boutique
Derrière la boutique ouverte au public, les magasins ont généralement une arrière-boutique, un lieu pour mettre les marchandises en stock. Ainsi, quand l’employé dit : « Je vais aller voir en réserve », le client espère qu’il y trouvera ce qui n’existe plus en rayon. Certains ont comparé la prière à cette arrière-boutique.
Jésus n’a-t-il pas dit : « Quand tu veux prier, va dans la pièce la plus cachée de la maison » (Matthieu 6.6.) ? Certes, il nous invite d’abord à renoncer aux prières ostentatoires, mais on peut comprendre aussi que celui qui va fréquemment dans l’arrière-boutique de la prière ne manquera de rien de la part de son divin Fournisseur.
Jésus n’a-t-il pas dit : « Quand tu veux prier, va dans la pièce la plus cachée de la maison » (Matthieu 6.6.) ? Certes, il nous invite d’abord à renoncer aux prières ostentatoires, mais on peut comprendre aussi que celui qui va fréquemment dans l’arrière-boutique de la prière ne manquera de rien de la part de son divin Fournisseur.
Avertissements/notices d’utilisation
Les fabricants sont obligés de se protéger d’éventuelles poursuites. C’est la raison pour laquelle ils multiplient les avertissements sur les notices, même si cela peut friser parfois le ridicule. Ainsi, aux États-Unis, un costume de Batman porte l’avertissement suivant : « Parents soyez vigilants – SIMPLE JOUET – Le masque et la cape ne protègent pas. La cape ne permet pas de voler ».
Plus sérieusement, les experts disent qu’il y a tellement d’avertissements sur les articles qu’ils ne sont plus efficaces.
Les avertissements de Jésus, eux, ne sont jamais ridicules et ils portent sur l’essentiel : « La porte qui ouvre sur la mort est large, et le chemin pour y aller est facile. Beaucoup de gens passent par là. Mais la porte qui ouvre sur la vie est étroite, et le chemin pour y aller est difficile. Ceux qui le trouvent ne sont pas nombreux… Entrez [donc] par la porte étroite ! » (Matthieu 7.13-14). Nous voilà prévenus.
Consommer
Les intérieurs de nos supermarchés sont un peu comme les temples païens d’autrefois. Tout est fait pour qu’on y accède facilement. Ils offrent un environnement où rien n’est laissé au hasard : lumière, musique, ambiance, température.
Le temple est à tous vents, perché sur les hauteurs.
Des caddies nous attendent et la foule impatiente
Processionne avançant vers le lieu de la vente
Quand soudain s’offre à nous un air chaud prometteur.
Un long et lent couloir, à l’entrée m’apparaît
Suivi d’un labyrinthe et d’une immense grotte
Où s’offre alors, portée par des coolies qui trottent
La richesse d’un monde aux fabuleux attraits.
J’achète sans besoin une chose anodine
Épris soudainement d’un désir de rapine.
Lumineux Paradis ! La lumière et les sons
Nous ont pris au filet de la consommation.
Par l’instinct qu’on nourrit et les liens que l’on noue,
On m’a jeté soudain, endormi dans la boue((« José Loncke, Petits cris, 1997 »)).
La consommation apparaît de plus en plus dans nos sociétés comme une religion qui aurait plus ou moins bien remplacé celle d’antan. Elle en a, en tout cas, beaucoup des caractéristiques :
- son rituel : comme la messe d’antan, la visite hebdomadaire au centre commercial s’impose pour beaucoup.
- sa fonction : un peu comme les églises d’autrefois, les centres commerciaux sont devenus des lieux de rassemblement et de stimulations (marchandes). On y crée de plus en plus des espaces pour enfants, pour goûter, découvrir…
- son credo : la loi du marché.
- son commandement : consommez !
- ses prophètes : les publicistes.
Sans parler d’Internet qui permet d’acheter chez soi et...
Cet article est réservé à nos abonnés
Commandez votre exemplaire ou abonnez-vous pour poursuivre votre lecture !
Déjà abonné ?
Connectez-vousÀ lire dans Bible
Science et foi se contredisent-elles ?
1654. Blaise Pascal
1825. Auguste de Staël
Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site web. En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation des cookies conformément à notre politique de confidentialité.