1825. Auguste de Staël
Fils de la romancière et essayiste Madame de Staël, Auguste de Staël (1790-1827) doit, à l’âge de 15 ans, suivre sa mère dans son exil imposé par Napoléon. Il ne revient en France qu’en 1817. Il rejoint le comité de la Société biblique protestante de Paris dès sa fondation. Dans le combat des idées, en France et en Suisse, il milite pour la liberté religieuse, l’éducation et l’émancipation des classes pauvres.
Fervent propagateur de la Bible, il entreprend en 1825 une grande tournée dans le Midi et dans l’Ouest de la France pour encourager les sociétés auxiliaires et susciter les dons.
Lors de son séjour à Nantes, il enquête sur la traite des esclaves, pourtant officiellement prohibée. Il rapporte comme preuves de ce trafic les chaînes et colliers qui servaient aux négriers. De retour à Paris, de Staël expose ces chaînes à la Chambre des pairs et rencontre diverses personnalités afin d’obtenir une abolition définitive. Sa lutte contre l’esclavage s’inspire du célèbre Wilberforce, parlementaire anglais abolitionniste et membre fondateur de la Société biblique britannique et étrangère. Elle s’exerce à travers la Société de la Morale chrétienne (1821) dont de Staël est co-fondateur. Tocqueville, Thiers et Lamartine en feront aussi partie.
Promis à un bel avenir politique, il meurt prématurément à l’âge de 37 ans.