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Pour approfondir notre discernement, il est essentiel de revenir à la définition même du mensonge. Le théologien Alain Nisus, dans l’ouvrage collectif « Vivre en chrétien aujourd’hui : Repères éthiques pour tous », s’appuie sur la pensée d’Augustin d’Hippone (Saint Augustin 354 – 430), qui a consacré deux traités majeurs à cette question : De Mendacio (Sur le mensonge) et Contra Mendacium (Contre le mensonge).
Selon Augustin, mentir consiste à avoir une pensée dans l’esprit et à en énoncer une autre par la parole ou tout autre moyen d’expression. Le menteur se caractérise par un « cœur double* » (De Mendacio, 3,3) : il y a une rupture délibérée entre sa conviction intérieure et son affirmation extérieure.
Il est crucial ici de distinguer le mensonge de l’erreur. L’erreur, c’est dire une chose fausse en la croyant vraie. On se trompe sincèrement, mais on ne ment pas. L’affirmation est objectivement fausse, mais le locuteur est de bonne foi.
Le mensonge, c’est parler contre sa propre pensée. On peut paradoxalement mentir en disant une chose vraie si l’on est persuadé qu’elle est fausse au moment où on l’énonce.
Comme le résume Alain Nisus : on peut se tromper sincèrement, mais on ne peut pas mentir sincèrement. C’est donc la congruence...
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