1554. Jane Grey
Le tableau « L’exécution de Lady Jane Grey » (Paul Delaroche, 1833) est le préféré des visiteurs de la National Gallery à Londres. L’usure du parquet devant le tableau en témoigne. La carte qui le reproduit est aussi la plus vendue à la boutique du musée.
Jane Grey (1537-1554), qu’on surnomme « la reine de neuf jours » était l’héritière d’Édouard VI et proclamée reine à la mort du jeune souverain. Sacrée en juillet 1553, elle est ensuite destituée par Marie Tudor, la demi-sœur du roi défunt. Enfermée dans la Tour de Londres, elle est décapitée sur son ordre.
L’épreuve et le cachot affermissent la foi jusqu’alors chancelante de la jeune veuve. Elle écrit à l‘une de ses sœurs, en lui léguant son Nouveau Testament grec : « Je t‘envoie, ma chère sœur, un livre qui, bien qu‘il ne soit pas revêtu d’or, est plus précieux que toutes les pierres les plus rares et du plus grand prix. C’est le livre de l’Évangile du Seigneur Jésus-Christ ; c‘est sa dernière volonté, c‘est son testament qu‘il nous a laissé, à nous, pauvres misérables pécheurs que nous sommes dans notre nature première. Il t’enseignera, si tu le lis avec un sincère désir de salut, le chemin de la vie éternelle que je prie Dieu de t’accorder aussi. (…) Qu’il veuille m’introduire lui-même dans sa gloire et t’y conduire aussi, quand il lui plaira. Adieu, ma chère sœur. Espère en Dieu. C’est lui qui t’aidera. »