1603. Jacques 1er, roi d’Angleterre
Le monde anglo-saxon doit à Jacques 1er (1566-1625), roi d’Angleterre son plus beau joyau littéraire : la King James Bible (Bible du roi Jacques) appelée parfois aussi en Grande-Bretagne Authorized Version. Elle a marqué l’histoire de l’Angleterre et a même fixé la langue anglaise. Mais cette Bible ne fut pas l’œuvre d’un seul homme ; elle est l’un des rares chefs-d’œuvre littéraires rédigés par une commission.
Au sens strict, la King James Version n’est pas une nouvelle traduction puisqu’elle devait tirer parti de ce qu’il y a de meilleur dans les traductions existantes, pour donner naissance à un texte qui soit meilleur encore. Les 47 membres du comité de rédaction s’y sont bien employés lors de leurs sessions de travail, revenant aux textes originaux hébreux et grecs chaque fois que cela leur semblait nécessaire.
La traduction de Tyndale y est très présente, sans doute à cause de son génie littéraire. Le texte frappe par sa majestueuse simplicité. Il se distingue aussi par son caractère mélodieux. Ceci n’a rien d’étonnant quand on se souvient que la Bible était le plus souvent lue à haute voix. La forte impression faite par cette traduction est encore accrue par son usage d’un langage déjà archaïque au moment où elle a été rédigée. Il contribue à accentuer son sentiment d’autorité, de distance et de profondeur.