1830. Stendhal
Dans « Le Rouge et le Noir » (1830), Stendhal (1783-1842) décrit un Julien Sorel qui a appris le Nouveau Testament latin par cœur pour gagner le vieux curé Chélan dont son sort dépend. Il le récite pour impressionner la galerie : « Je suis ici, messieurs, leur dit-il en finissant son allocution, pour vous apprendre le latin… Voici la sainte Bible dit-il en leur montrant un petit volume relié en noir. C’est particulièrement l’histoire de notre Seigneur Jésus-Christ, c’est la partie qu’on appelle le Nouveau Testament. Je vous ferai souvent réciter des leçons, faites-moi réciter la mienne. Adolphe, l’aîné des enfants, prit le livre.
– Ouvrez-le au hasard, continua Julien, et dites-moi les trois premiers mots d’un alinéa. Je réciterai par cœur le livre sacré, règle de notre conduite à tous, jusqu’à ce que vous m’arrêtiez.
Adolphe ouvrit le livre, lut deux mots, et Julien récita toute la page, avec la même facilité que s’il eût parlé français. »
Plus positivement, dans son « Histoire de la peinture en Italie », Stendhal parle de la Bible de la bibliothèque de son père dans la traduction de Lemaistre de Sacy (Port-Royal) qui l’a impressionné. Pour lui, c’est la traduction parfaite : langage accessible, simplicité, absence de néologisme, d’emphase et d’effet de style : « À mes yeux, la perfection du français se trouve dans les traductions publiées vers 1670 par les solitaires de Port-Royal. »