1970. Jean Giono
Depuis son enfance, Jean Giono (1895-1970) est familier du texte biblique. Son père, Jean-Antoine Giono (1845-1920), cordonnier piémontais est un grand conteur et un grand lecteur, en particulier de la Bible qu’il avait reçue des mains d’un piémontais en fuite, tout aussi anarchiste que lui. La Bible l’accompagnait constamment puisqu’il la tenait ouverte à portée de la main et du regard lorsqu’il travaillait. Dès qu’il le pouvait, l’enfant rejoignait le père dans son atelier. Il en parle dans « Jean le Bleu » (1932) : « (…) mon père me lisait le Bible et je trouvais cela prodigieux du point de vue poétique. » Il l’évoque aussi dans le « Grand Théâtre » écrit trente ans plus tard. La liste de ses ouvrages est impressionnante par le nombre de titres inspirés de la Bible : Solitude la pitié, Le Grand Troupeau, Le Chant du monde, Que ma joie demeure, les Vraies richesses, le Poids du ciel, Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix, l’eau vive, Noé, Fragments d’un Paradis, Fragments d’un déluge, les Âmes fortes, Les Grands chemins, Recherche de la pureté…
Athée proclamé, Giono collectionne néanmoins les éditions de la Bible : on trouvera dans la bibliothèque de l’écrivain six bibles différentes annotées avec soin.