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Comment peut-on être baptiste? A l’image des Persans décrits par Montesquieu, le baptisme et ses représentants appellent, en France, l’interrogation, et au travers de cette interrogation, c’est une manière aussi d’ausculter notre pays. Il y a un mystère baptiste en France.
Les historiens et personnes averties savent, certes, que le baptisme représente une branche considérable du protestantisme mondial un christianisme fondé sur une théologie plutôt calviniste, une ecclésiologie de type congrégationaliste et professante (indépendance de chaque Église locale, composée de membres ayant professé publiquement leur foi) et la pratique du baptême par immersion du converti. Mais pour l’immense majorité des Français, la manière “baptiste” d’être chrétien et de vivre en société ne renvoie à rien de précis. Aux Etats-Unis, où environ 25% de la population peut être rattachée plus ou moins au baptisme, il en est autrement. Dans un pays qui a compté plusieurs présidents baptistes depuis la Seconde Guerre Mondiale, on sait, en général, ce qu’est un baptiste. Rien de tel en France. Le citoyen français n’a pas connaissance (sauf exception) de la présence, dans son pays, de ce type particulier de protestants. La figure de l’anabaptiste-mennonite, à la limite, lui est un peu plus familière, grâce au moins à Candide de Voltaire où un personnage nommé Jacques, “charitable anabaptiste” assure un second rôle valeureux, mais les baptistes? Aucun grand roman, pièce de théâtre, film ou tableau majeur n’a immortalisé en...
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