1794. La Harpe
Disciple de Voltaire, Jean-François de La Harpe (1739-1803) a accueilli la Révolution avec une certaine sympathie. Arrêté comme suspect le 16 mars 1794, il est transféré à la prison du Luxembourg, puis à la maison de santé.
Là, il cherche en vain des consolations dans la philosophie athée dont il s’était fait l’ardent défenseur et tombe dans la plus profonde dépression. On lui prête une Bible.
À mesure qu’il la lit, il se sent pris d’admiration et s’écrie : « Comment ? Mais je ne connaissais pas ce livre ! Il contient une réponse à toutes les questions que l’homme peut se poser ; il peut satisfaire pleinement. Jamais l’esprit de l’homme n’a pu concevoir cela, ni l’exprimer ainsi. Ce livre ne peut être que divin. »
Lorsqu’il meurt en 1803, on trouve inachevée dans ses papiers, une Apologie de la religion. Il y insiste sur la nécessité de lire les évangiles et les Psaumes. Citant le récit de la guérison miraculeuse de l’aveugle-né (Jean 9) il s’écrie : «Et moi aussi j’étais aveugle, non pas de naissance, mais d’orgueil, ce qui est bien pis ; et vous avez eu pitié de moi, et vous m’avez ouvert les yeux. » Il ajoute : « Tout est dans ces livres divins, et le malheur le plus commun et le plus grand est de ne pas les lire. »