1962. Alexandre Soljenitsyne
« Une journée d’Ivan Denissovitch » est un roman qui décrit 24 heures de la vie d’Ivan Denissovitch Choukhov au goulag, au début des années cinquante. Comme Aliocha le baptiste, le héros de ce récit, Soljenitsyne a été maçon au Goulag pendant huit ans. Pour en parler si bien, il doit avoir rencontré un ou plusieurs baptistes, qui ont pu ensuite servir de modèle à son personnage. Avec lui, Soljenitsyne saisit en trois coups de pinceau la piété baptiste. L’auteur insiste sur la lecture de la Bible par Aliocha et le bien que cela lui procure :
« Le baptiste… lisait toujours son évangile, mais pas, qu’on aurait dit, pour soi tout seul : avec un air de le susurrer. Exprès, peut-être. À cause de Choukhov… »
« N’empêche qu’Aliocha, c’est quelqu’un : son petit carnet il le planque si joliment dans une fente du mur que pas une fouille n’est venue à bout de le dénicher… ».
Pour Alexandre Soljenitsyne, ce baptisme d’Aliocha n’est pas une importation de l’étranger mais quelque chose qui renoue avec la plus authentique tradition russe de l’Aliocha des « Frères Karamazov » de Dostoïevski.
Ce qui sous-tend dans « Une Journée d’Ivan Denissovitch » c’est la profession de foi chrétienne. Le monde a besoin de foi. Mais d’une foi chrétienne authentique qui renoue avec la source même du christianisme : l’Évangile.