1750. La Bible de Bach
Profondément empreint du christianisme biblique de son époque, Jean-Sébastien Bach (1685-1750) puise son inspiration dans la culture et la Réformation. Il en est incontestablement le plus éminent des compositeurs. Sans Martin Luther, sans doute n’y aurait-il pas eu Bach !
Bach innove avec la cantate de choral, intégrant le plus souvent une mélodie de choral luthérien, elle-même basée sur un passage de la Bible. Bach innove encore avec ses Passions qui célèbrent le Seigneur des évangiles. L’imposante Passion selon saint Matthieu dure trois heures et se déroule dans un climat contemplatif et intériorisé. L’action progresse exclusivement par le texte de l’Évangile (chapitres 26 et 27) sous forme de récitatifs entrecoupés de cantiques et de textes poétiques.
Ses derniers mots écrits sont : « J’apparais maintenant devant ton trône ». On découvre à sa mort la Grande Bible allemande dans la traduction de Martin Luther, commentée au moyen d’extraits d’œuvres du Réformateur. Bach y a laissé 348 marques de soulignements, corrections typographiques et grammaticales et quatre notes marginales. Ce sont les réflexions d’un cantor convaincu de l’inspiration divine de la musique dans la liturgie et de celle de la Bible, fondement de sa pratique de musicien.