1940. « Les raisins de la colère »

Bible
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En 1940, John Steinbeck reçoit le Prix Pulitzer pour son roman « Les Raisins de la colère ». Le titre évoque un passage du livre de l’Apocalypse (14.17-20) où l’on voit Dieu, lors du Jugement dernier, délivrer le monde de l’oppression du Mal.
Chez Steinbeck, c’est le sang des opprimés qui rougit le drapeau de la révolte. Ainsi nous lisons une phrase révélatrice : « La colère commence à luire dans les yeux de ceux qui ont faim. Dans l’âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines. »
Dans le roman, la famille Joad est éprise de justice. Man, la matriarche et « citadelle de sa famille », est un symbole d’alliance ; elle s’efforce de garder sa famille unie. Elle a confiance en Dieu et en sa Parole, elle ne perd pas la foi au travers des épreuves. Pa Tom, le patriarche, incarne le vieillard juste. Le fils Tom représente l’insoumis, celui qui sonne la révolte…
Au départ, la famille Joad compte douze membres, comme les douze tribus d’Israël. Casy devient le guide spirituel des fermiers, une figure moderne de Moïse envoyé pour libérer les Hébreux de l’esclavage de Pharaon. Les Joad vont échapper à la main de fer de l’empire bancaire et prendre conscience de leur statut de peuple élu pour l’avènement d’un ordre nouveau. Tout le récit baigne dans un messianisme social.

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#46 - Juin 2017

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